Cameroun – Présidentielle 2018 : Résister au triomphe de la perversion

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Changer le mal en bien, le mensonge en vérité, la tricherie en mérite, la Présidentielle 2018 a réinscrit magistralement le Cameroun dans la mouvance mondiale de la perversion.

Ce que l’élection présidentielle a montré, c’est que de très nombreux camerounais n’ont toujours pas compris ce qui se joue dans l’humanité actuellement. Et des périodes électorales comme celle qui s’est achevée le 22 octobre 2018 avec la proclamation de la victoire du Président Paul Biya pour un nouveau septennat qui va le porter à 43 ans de pouvoir sans discontinuer, servent à renforcer l’obscurité dans laquelle de nombreux esprits sont plongés.

L’enjeu de l’heure est de faire en sorte que les cœurs et les cerveaux du plus grand nombre de populations tombent dans leurs estomacs, afin que les « initiés » qui ont l’ambition diabolique de devenir les maîtres du monde, installent sans résistance leur gouvernance de la perversion. Les élections sont des occasions pour ces âmes maléfiques de répandre leur sinistre doctrine fondée sur l’égocentrisme, le cynisme, le culte du bien matériel et des positions de domination.

Devenir Chef de l’Etat n’est plus compris comme la volonté de servir un peuple pour lui assurer le bien-être, mais plutôt comme la perspective de s’accaparer les richesses du pays au bénéfice exclusif des « siens ». Et pendant la campagne électorale, on promeut la tolérance zéro vis-à-vis de tous ceux qui menacent ces visées égoïstes, c’est-à-dire les concurrents politiques et les citoyens qui croient encore aux vertus de l’intérêt général.

La lucidité est le rempart efficace contre les assauts de ces apprentis-dieux et leurs fidèles. La période électorale leur offre l’opportunité d’éprouver la lucidité des populations. Ils leur injectent ainsi de fortes doses du venin de la haine, les goinfrent de viatiques, et les saoulent de promesses de grandeur et de bonheur individuels. Moins il y a de gens lucides, plus on fait prospérer le vice.

Des jeunes sans emploi, dans la galère totale, arborent alors les effigies de leurs bourreaux, et se constituent acteurs de fraudes et tripatouillages, sans avoir conscience qu’ils se font hara-kiri. Ils font foule pour écouter les vendeurs d’illusions qui les conduisent à l’abattoir de leur avenir. Ils vont jusqu’à persifler le mérite pour célébrer les impostures.

De grands adultes s’étripent au nom de la préférence tribale, sans réaliser qu’on les pousse à se détruire pour réduire le nombre de potentiels convives à la mangeoire. Ils perdent de vue que le sang versé, notamment dans les guerres civiles, est le carburant de ces diables déguisés en politiciens.

Des personnes supposées instruites et bien éduquées acceptent la tricherie, cautionnent les fraudes, et les intègrent dans des analyses faussement savantes dont le seul but, avoué ou non, est de dérouler le tapis rouge aux usurpateurs. Au lieu de sensibiliser les populations à combattre les malversations et iniquités électorales, on encourage la résignation en qualifiant de « bons républicains », tous ceux qui capitulent face aux injustices en disant « on va faire comment ? »

Lorsque des individus sont amenés à se livrer à des transes amnésiques publiques, ce n’est pas qu’on tient particulièrement à les humilier : on veut faire passer le message que la dignité est une vue de l’esprit, et que chaque camerounais a un prix. On veut tuer le sens de l’honneur chez les camerounais, étape ultime du processus de zombification. Parce que sans honneur, point de défenseurs de la patrie, point de souveraineté. Et bienvenue à la mendicité et à la dépendance.

Le comportement des organisateurs de l’élection, celui du gouvernement, et celui du Conseil Constitutionnel ont démontré qu’il y a une partie privilégiée du peuple qui est au-dessus des lois qu’elle peut fouler impunément aux pieds, et une autre partie qui doit se soumettre aux lois les plus iniques et à leurs interprétations scélérates. Cette arrogance est voulue, parce qu’elle vise à saper le moral des citoyens, les user mentalement, et en faire des mauviettes qui avaleront sans rechigner, les couleuvres de la perversion. 

La résistance à l’impérialisme du vice est aujourd’hui le seul combat qui vaille la peine d’être mené. On ne s’accommode pas du mal, du faux, ou du mensonge, on les combat avec acharnement et sans répit. Si le Code Electoral est vicié, on lutte pour le changer, le bonifier. On ne compose pas avec des médias qui diffusent la haine, on les met à l’index avec fermeté et détermination. On ne soutient pas un candidat aveuglément, sans interroger sa moralité, sans questionner ses valeurs, ses appartenances et ses croyances, au risque de porter une peste au pinacle.

Le véritable axe du mal, les vraies forces des ténèbres ont depuis longtemps récupéré les élections (en Afrique surtout) pour en faire des moments d’asservissement et d’autodestruction des populations. Il s’agit de se soumettre au nouvel ordre mondial de l’immoralité ou de périr.

Les peuples ont donc l’impérieux devoir de résister à ceux qui, non content de les spolier, veulent aussi « manger leurs cerveaux » pour qu’ils ne sachent plus distinguer le bien du mal. Douala Manga Bell, Um Nyobé, Nelson Mandela, Thomas Sankara et d’autres héros du continent avaient identifié le bon combat à mener, dont la victoire transformera les élections en moments de saine émulation, de compétition juste et équitable, pour gagner le droit et l’immense honneur de conduire le peuple vers son bonheur. Ils doivent rester des modèles et des guides pour l’Africain vertueux.

Charles MONGUE-MOUYEME

19 October 2019 à 13:26 1
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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