Entendu à la radio : Longue Longue « ba si ma tengene janea »

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Par Charles MONGUE-MOUYEME

En langue Duala du Cameroun, l’expression « ba si ma tengene janea » signifie « on ne s’oppose pas à l’autorité ou aux gouvernants, ou au chef ou au roi ». En suivant la radio communautaire Sawa dénommée Peña Mundi (lire Pégna) le 24 avril 2019 dans sa tranche matinale, cette expression est revenue plusieurs fois de la part des auditeurs auxquels les animateurs Tete Ngwese et Bopolopolo demandaient leur avis sur les récentes sorties médiatiques de l’artiste Longue Longue.

On se souvient en effet que cet artiste musicien qui a soutenu le candidat Maurice Kamto à l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, s’était récemment affiché  dans une vidéo qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux, et dans laquelle il revendiquait la victoire de son candidat et demandait au Chef de l’Etat de lui céder la place. Mais, quelques jours plus tard, revirement : Longue Longue demande pardon à genoux au Président de la République. Nouveau buzz, avec en prime l’équilibre mental de l’artiste remis en cause.

Ces auditeurs qui ont répété plusieurs fois « ba si ma tengene janea » ne reprenaient-ils pas hors contexte, une sagesse ancienne ? Car en démocratie, choix de la République du Cameroun, l’opposition est voulue, autorisée et légalisée. On a le droit de s’opposer aux gouvernants, et donc au Chef de l’Etat, c’est le jeu politique en démocratie qui le prévoit. S’opposer au Chef (de l’Etat) lui permet de mieux gouverner, ses décisions passant sous les fourches caudines de la critique, de la remise en cause ou du rejet, ce qui lui permet de rectifier le tir au bénéfice du plus grand nombre.

« Ba si ma tengene janea » dans une république démocratique, sonne comme un appel à la déification de celui qui dirige, au reniement de soi et de ses convictions, à l’indolence, et à l’obéissance servile. Le citoyen devient alors un sujet, un esclave dont le rôle est d’obéir aveuglément aux décisions et aux ordres de son maître. Heureusement que « ba si ma tengene janea » n’a pas convaincu nos parents et ancêtres, auquel cas ni l’esclavage, ni la ségrégation raciale, ni la colonisation n’auraient été abolis, du moment où ces ignominies émanaient des gouvernants de l’époque.

Il faut espérer que ces auditeurs qui disaient à Longue Longue « ba si ma tengene janea » ne pensaient pas à « on ne s’oppose pas au chef », mais plutôt, à « on n’insulte pas, on n’outrage pas un chef » (« ba si ma loa janea »). Car autrement, ils se feraient les chantres du rejet et de la mort de la démocratie au Cameroun où elle peine à s’installer véritablement.

Charles MONGUE-MOUYEME

Il y a 5 heures 0
Deffo Jean-Pierre

Tu as trois fois raison Charles. J'ai compris très tôt que Abel Elimbi Lobé était la taupe du pouvoir. Mon problème c'est que plusieurs médias ont prêté le flanc à cette supercherie en donnant surabondament la parole à cet allié non assumé du parti au pouvoir. Dommage pour ce peuple qui a soif d'une autre façon de gouverner.

TIOBOU Jean-Marie

Ouf !!!! Quelle peinture mon grand frère ! Dans ce cirque les leçons nous donnent de comprendre que la tricherie est érigée en.modèle de société d'une part. D'autre part qu'il y'a des immuables... des immortels. S'ils pouvaient se souvenir de Mumbutu S. SEKO qui se prenait pour le Dieu !!!! Je prie et souhaite que l'esprit de PAIX règne et conduit à renouer avec nos frères et soeurs des zones en crise.

Fernant Nenkam

Je tire la graisse de ce test pour cuire la chair de l'ami Charles Mongue-Mouyemé. "Selon les statuts de la FECAFOOT, le dirigeant d’une entreprise publique ou parapublique ne peut plus postuler à la présidence de la Fécafoot pour des nécessités de disponibilité". Le poste occupé par Martin Camus Mimb Hiol n'est pas électif et sa radiodiffusion n'est non plus ou parapublique.

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