Guerre de sécession au Cameroun : L’urgence d’un sursaut de lucidité

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Par Charles MONGUE-MOUYEME ►

Si nous savions qui nous sommes vraiment, nous cesserions d’abréger nos vies pour des causes à l’objet flou.

Pour être sécessionniste au Cameroun, il faut être … camerounais. Un tanzanien ou un mozambicain ne peut pas faire sécession au Cameroun. La sécession est comme le divorce, qui n’est envisageable que pour un homme et une femme qui étaient devenus uns par le mariage. Les sécessionnistes du Nord-Ouest/Sud-Ouest (NOSO) du Cameroun sont donc des camerounais qui ne veulent plus de cette nationalité, non pas en adoptant simplement la nationalité d’un Etat reconnu par le concert des nations, mais en transformant la portion du territoire qu’ils occupent en un nouveau pays.

L’Etat du Cameroun a le devoir de défendre l’intégrité de l’ensemble de son territoire contre des menaces extérieures, mais aussi de dissuader fermement ses fils qui veulent faire sécession. En effet, si à chacune de leurs frustrations ou de leurs colères, des communautés camerounaises entreprenaient de s’ériger en nouvel Etat, le Cameroun partirait vite en mille morceaux et disparaîtrait de la carte du monde. Il est donc du devoir des gouvernants de ne pas céder aux velléités de sécession.

La sécession est un phénomène bien connu à travers le monde. La résistance à la sécession et sa répression aussi. Ni le gouvernement, ni les sécessionnistes ne devraient donc donner l’impression qu’ils sont face à un problème nouveau. Au contraire, ils devraient analyser profondément l’histoire des nations qui se font et se défont au long de l’histoire de l’humanité, pour agir et réagir avec plus de sang-froid et de discernement. On pensait d’ailleurs que tel était le cas durant ce demi-siècle au cours duquel les sécessionnistes du Cameroun se faisaient souvent entendre le 1er octobre de chaque année.

Hélas, depuis 3 ans, des armes crépitent dans le NOSO au nom de la sécession. Le niveau de barbarie est horrible ! Au fil des semaines, des centaines de vies basculent dans la détresse ou sont carrément détruites. Quand on revisite les migrations des peuples et les différentes évolutions des nations, lorsqu’on se souvient que les colonisateurs se sont partagés l’Afrique comme les parts d’un grand gâteau à la Conférence de Berlin (du 15/11/1884 au 26/02/1885), et que les indépendances ont encore modifié le tracés de nombreuses frontières étatiques, on a du mal à admettre que des gens s’entretuent pour des « possessions » qui sont en réalité le fruit des hasards de l’histoire.

Dans 2 siècles, 5 siècles ou plus, ces Etats pour lesquels nous nous tuons aujourd’hui, auront certainement changé de dénominations et de frontières. Et nous n’y pourrons rien, puisque nous ne serons même plus là. Au lieu donc de réfléchir et d’agir dans le sens d’un mieux-être et d’un mieux-vivre individuels et collectifs dans les pays où nous vivons aujourd’hui, nous précipitons notre mort pour des lopins de terre qui ne nous appartiennent que dans nos esprits de mortels vaniteux jusqu’à la stupidité.

Comment des individus civilisés, instruits, et qui ont le bénéfice des leçons de l’histoire, en sont-ils à ne pas comprendre que la sécession n’est jamais qu’une conséquence et que c’est sur ses causes qu’il faut se pencher pour la solutionner ? Depuis quand la défense de la patrie ici, ou la soif d’indépendance là-bas, imposent-ils qu’on sacrifie d’abord des vies humaines avant d’en discuter avec ses « adversaires » autour d’une table ? Agir ainsi n’est-il pas sombrer dans la bestialité ?

« Pourquoi nous entretuons-nous ? », « que nous disputons-nous réellement ? », « comment en sommes-nous arrivés là ? », « ce qui nous divise mérite-t-il qu’on se donne la mort ? », telles sont les questions que les protagonistes de cette sale et honteuse guerre doivent se poser sérieusement.

Et rien que pour apporter des réponses à ces questions et les confronter les unes aux autres, des assises urgentes ne s’imposent-elles pas aux camerounais ? A moins qu’ils n’aient fait sécession avec la lucidité !

Charles MONGUE-MOUYEME

Il y a 4 heures 0
Deffo Jean-Pierre

Tu as trois fois raison Charles. J'ai compris très tôt que Abel Elimbi Lobé était la taupe du pouvoir. Mon problème c'est que plusieurs médias ont prêté le flanc à cette supercherie en donnant surabondament la parole à cet allié non assumé du parti au pouvoir. Dommage pour ce peuple qui a soif d'une autre façon de gouverner.

TIOBOU Jean-Marie

Ouf !!!! Quelle peinture mon grand frère ! Dans ce cirque les leçons nous donnent de comprendre que la tricherie est érigée en.modèle de société d'une part. D'autre part qu'il y'a des immuables... des immortels. S'ils pouvaient se souvenir de Mumbutu S. SEKO qui se prenait pour le Dieu !!!! Je prie et souhaite que l'esprit de PAIX règne et conduit à renouer avec nos frères et soeurs des zones en crise.

Fernant Nenkam

Je tire la graisse de ce test pour cuire la chair de l'ami Charles Mongue-Mouyemé. "Selon les statuts de la FECAFOOT, le dirigeant d’une entreprise publique ou parapublique ne peut plus postuler à la présidence de la Fécafoot pour des nécessités de disponibilité". Le poste occupé par Martin Camus Mimb Hiol n'est pas électif et sa radiodiffusion n'est non plus ou parapublique.

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