Gestion du foot camerounais : Les anciennes gloires ne rassurent pas

photo article ici

Dans l'impasse où se trouve le football camerounais, nombreux sont ceux qui pensent qu'on devrait confier sa gestion aux « anciennes gloires » qui le connaissent bien. Mais leurs actes et comportements ne rassurent pas.

Il faut d’emblée souligner que l'expression « anciennes gloires » ne fait pas l'unanimité quant à son acception. Pour certains, elle désigne les anciens joueurs de l'équipe nationale du Cameroun. Mais toutes les cuvées n'ont pas connu la gloire, certains internationaux n'ont pas vraiment marqué leur époque, et on leur conteste donc ce « titre ».

Pour d'autres, les « anciennes gloires » sont simplement les footballeurs qui ont remporté des titres avec leurs clubs (localement ou à l'international), ou qui ont glané des récompenses individuelles. Pour d'autres encore, elles se réduisent aux anciens Lions Indomptables qui ont remporté au moins une CAN, ou qui ont pris part à une coupe du monde.

Ces différentes définitions induisent des attitudes qui se résument dans cette phrase triviale qu'on entend souvent : « il y a anciennes gloires et anciennes gloires ». Roger Milla, suite à une « attaque » de Maboang, avait demandé : « Qui est Maboang quand on parle des Lions Indomptables ? » C'est dire les divisions qui existent entre nos anciens internationaux.

La perspective de la CAN 2019 au Cameroun complique encore plus l’affaire, avec le concept de « légendes du foot » que la CAF impose aux dirigeants du sports, afin que ces « légendes » soient associées à la préparation de cette compétition. Si on ne peut pas dénier le statut de « légende » à Roger Milla, beaucoup d’anciens footballeurs qui avaient été convoqués par le ministère des sports ne méritent même pas le titre inférieur « d’ancienne gloire ».

Il n’y a pas bien longtemps, alors qu'elles devaient livrer un match de gala contre des hommes de médias, les « anciennes gloires » ont étalé leurs tares, obligeant les responsables de l'école de foot hôte à les appeler à la retenue pour ne pas donner un mauvais exemple aux jeunes. Minés par les interminables dissensions à la Fécafoot, ces has-been n'ont pas su taire leurs antagonismes pour céder la place au jeu qu'ils disent pourtant défendre en permanence.

Il y aurait eu des discriminations de la part de ceux qui avaient la charge de constituer l'équipe, ce qui n'a pas été du goût de tout le monde. Donc le favoritisme sévit même chez les « anciens » ! Le ton est monté, les hiérarchies, affinités et appartenances se sont exprimées. Des illustres vétérans obéissaient religieusement aux injonctions d'autres, tandis que certains s'y opposaient systématiquement. Les « neutres » regardaient tout cela, médusés. L'un d'eux nous demandera d'ailleurs « votre foot-là, c'est devenu une secte ? Que le petit « X » donne des ordres au grand « Y », et il obéit comme un mouton ?»

A la fin de la finale des jeunes, le speaker demande aux « anciennes gloires » de poser en photo avec les vainqueurs du tournoi, mais certains anciens joueurs refusent de se lever. Visiblement, ils ne voulaient pas se prendre en photo avec des anciens coéquipiers pestiférés. Et ils vous claironneront que le foot est fait pour unir et non pour diviser, qu'il faut promouvoir le fair-play, et tutti quanti.

Sur le plan idéologique, nos « anciennes gloires » semblent se perdre un peu. Il y en a qui s'accrochent au slogan « le foot aux footballeurs » dont la pertinence est discutable. D'autres disent vouloir donner la priorité au jeu, mais ils acceptent de participer à des réflexions intempestives sur le jeu dont ils savent pertinemment que les résolutions resteront dans les tiroirs de leurs fourbes initiateurs.

Chez nos anciens footballeurs, le quotient intellectuel est un critère discriminatoire. Ceux qui « ont fait l'école », estiment qu'ils doivent conduire les autres qui n'ont jamais eu que leurs jambes en guise de cervelle. Ces derniers sont utilisés comme des mascottes (quand leur célébrité est grande), ou ravalés au rôle de laquais.

Les « anciennes gloires » se classent aussi selon le niveau d'aisance matérielle et financière. On a les nantis, souvent anciens professionnels à l'étranger, les moyens qui arrivent à subvenir à leurs besoins essentiels grâce à des reconversions acceptables, et les « affamés » qui vivent de la charité des nantis du foot ou de basses besognes.

Avec ces segmentations on peut craindre que, si nos « anciennes gloires » prennent les rênes de la Fécafoot, les comportements décriés jusqu'ici demeurent, et se renforcent même : clientélisme, népotisme, favoritisme, cupidité, fourberie, etc. Il faudra y ajouter les complexes de supériorité de certains, et les jalousies des autres.

Le gouvernement camerounais et les instances dirigeantes de la Fécafoot ont si bien compris la fragilité et la versatilité de nos has-been, qu'ils surfent allègrement dessus pour les instrumentaliser. Le Comité de Normalisation peut donc travailler tranquillement à préparer la prochaine prorogation de son mandat en produisant des décisions ambiguës. Le ministre des sports peut réunir « ses » anciens Lions Indomptables en les affublant du statut pompeux de « légendes » et s’en servir pour « légitimer » ses ingérences et forfaitures dans les affaires de la Fécafoot.

Visiblement, au pays du légendaire Mbappè Léppé, les « anciennes » gloires font plus partie du problème que de la solution s’agissant  de la gestion du football.

13 February 2020 à 18:19 0
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

Laisser votre Commentaire

Articles recents

Articles les plus lus