Les parents … parent pauvre de la communauté éducative au Cameroun

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Bien que le discours officiel des autorités politiques et éducatives du Cameroun semble accorder une place de choix aux parents d’élèves dans la communauté éducative, la réalité ne le confirme pas, ou très peu. En effet, les parents sont ravalés au simple rôle de tiroir-caisse des établissements scolaires au sein desquels leurs enfants sont en formation. Ils ne sont compétents que lorsqu’il faut répondre aux sollicitations financières de l’administration scolaire soit directement, soit par le truchement des associations de parents d’élèves et d’enseignants (APEE).

Pour le reste des décisions à prendre visant à assurer un fonctionnement optimal des établissements scolaires et une formation de qualité aux élèves (contenus, méthodes, travaux, calendriers, sécurité, environnement, etc.), les parents ne sont presque pas associés. Considérés comme incultes dans les sciences de l’éducation, ils sont pris de haut par les « experts » de l’administration scolaire et les enseignants, qui les informent simplement (et encore !), généralement sans explications, des décisions qu’ils ont prises et auxquelles eux les parents doivent se soumettre.

Ce sont les élèves qui apprennent à leurs parents que c’est désormais l’APC (approche par compétence) qu’on utilise pour les former, avec des explications floues qui n’indiquent que vaguement de quoi il retourne ; c’est par les médias que les parents sont informés de l’introduction de la mi-temps et des réseaux sociaux dans les enseignements ; c’est à travers les débats que les parents réalisent que les autorités scolaires éprouvent d’énormes difficultés à concilier l’éclatement des effectifs pour respecter la contrainte de 50 élèves par classe, et la couverture entière des programmes, etc.

Même lorsqu’ils ne sont pas d’accord avec certaines décisions prises par les autorités scolaires sans leur avis ni consentement, peu de parents osent protester, évitant d’attirer des ennuis à leurs enfants qui pourraient subir les foudres revanchardes des enseignants ou des responsables d’établissements qui sont allergiques à la contradiction, surtout venant de parents qu’ils jugent incapables de comprendre les très complexes réalités de l’enseignement. Pourtant, si les établissements scolaires et surtout les APEE tenaient avec sérieux et application un fichier des parents de leurs élèves qui indique leur profession et leur expérience dans l’encadrement des enfants, nul doute qu’ils comprendraient que les décisions prises dans les milieux scolaires seraient plus efficientes si on associait les parents à la réflexion.

On change de méthodes pédagogiques, on introduit Internet dans l’enseignement pour pouvoir couvrir entièrement les programmes, mais on ne se préoccupe pas de renforcer les capacités des parents pour leur permettre d’appréhender ces nouveautés et assurer au mieux l’encadrement des élèves à domicile. Au sein de la communauté éducative du Cameroun, les parents sont vraiment traités en … parent pauvre. Dieu seul sait l’énorme manque à gagner que cela engendre dans le système scolaire du pays.

« Payez et laissez les experts s’occuper du reste », tel est le message perçu par les parents d’élèves pourtant disposés à collaborer généreusement. Quel gâchis !

Charles MONGUE-MOUYEME

Il y a 19 heures 0
Nguigjol rose

Merci beaucoup professeur, pour ce plus concernant l'histoire de notre pays, de notre continent et de nos ancêtres.

Abdoulaye Haman

Merci Professeur pour cet éclairage. Tôt au tard la vérité finira par triompher. Que les africains puissent s'approprier leur histoire pour éveil de conscience.

Lissom Céline carnelle

Impressionnant surtout venant de mon beau pays. Je salue tout humblement le travail de recherche qui a été faite alors l'histoire que nous apprenons depuis des années aujourd'hui reste douteuse vu les réalités de ce que vous nous prouvez aujourd'hui. Merci pour l'ouverture d'esprit de ma personne.

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