Cameroun 1 – Malawi 0 : La « maçonnerie » en baisse

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Face au Malawi ce 12 octobre 2018 à Yaoundé dans le cadre des éliminatoires de la CAN Total 2019, les Lions indomptables ont montré un léger mieux dans leur jeu.

Les coéquipiers de Choupo Moting, capitaine du jour, ont réussi à aligner plusieurs fois 3 passes de suite au cours du match, ce qu’ils n’arrivaient quasiment plus à réaliser depuis leur victoire à la CAN 2017. On a observé une relative fluidité au milieu du terrain et quelques gestes techniques intéressants, même si tout cela est resté peu efficace au regard du faible nombre d’occasions nettes de buts créées. Les Lions sont encore loin du mode « peintres » (beau jeu, lécheurs de ballons) de la cuvée 2000-2002, mais ils n’étaient pas non plus complètement en mode « maçons » (jeu sans inspiration, décousu, pieds carrés) comme on a pu les voir depuis un bon moment.

La qualité juste moyenne de la sélection du Malawi impose certes de ne pas s’enflammer sur cette légère embellie dans leur jeu, mais face à des adversaires beaucoup moins bons, il est arrivé que les Lions Indomptables présentent une copie d’une plus grande médiocrité. Ce léger mieux est-il à mettre à l’actif du tandem néerlandais Seedorf-Kluivert ou il est simplement dû à la forme d’un jour ? On le saura bien vite.

NOTE DU MATCH : 11/20

Certains trouveront cette note sévère, mais ce match contre le Malawi, à l’époque des Mbida, Abéga, Doumbè Léa, Roger Milla etc., aurait été classé dans les mauvais matchs. Et si on se réfère au niveau international aujourd’hui (cf. Russie 2018), on peut même trouver cette note complaisante.

NOTES DES JOUEURS :

  • André Onana (Gardien de buts) : 5,5/10

Très appliqué, on sentait qu’il avait peur de mal faire pour ne pas donner des munitions aux fans de Fabrice Ondoa qui pensent toujours qu’il est meilleur qu’Onana au sein des Lions. Sur la demi-douzaine d’interventions sans grand péril qu’il a faites, Onana s’est montré efficace. Il prend un carton jaune stupide pour perte grossière de temps.

  • Yaya Banana (défenseur central) : 5,5/10

Solide physiquement, il a éprouvé quelques difficultés face à la vivacité des attaquants de petite taille du Malawi. Frileux dans les relances, il gagnerait à hausser son influence sur le jeu s’il veut qu’on cesse de lorgner vers Joël Matip qui affiche plus de personnalité sur le terrain.

  • Ngandeu Ngadjui (défenseur central) : 5/10

Le champion d’Afrique a tenu son rôle sans grande maestria. Il n’a toujours pas corrigé sa faiblesse en situation de poursuite. Avec son expérience, on attend mieux de lui aujourd’hui dans la participation au jeu, notamment en appui au milieu de terrain.

  • Oyongo Bitolo (arrière gauche) : 6/10

Bien que démonstratif dans son jeu avec la complicité du public qui aime sa joie de vivre, il lui a manqué souvent de la justesse dans le dernier geste. Il doit progresser dans la maîtrise de ses appuis face aux adversaires qui portent bien le ballon pour ne pas se faire embarquer et mettre l’équipe en danger.

  • Jérôme Onguéné (arrière droit) : 4,5/10

Service minimum pour son baptême du feu. Il veillait à ne pas se faire déborder et à assurer ses passes, ce qu’il n’a pas toujours réussi. Dans son extrême prudence, il n’a proposé aucune solution offensive sur son flanc droit. Mis en confiance, il peut mieux faire, surtout s’il est replacé en défense centrale, son meilleur poste.

  • Zambo Anguissa (milieu défensif) : 7/10

Il était le patron du milieu de terrain. Autant il récupérait les ballons, autant il en pourvoyait ses coéquipiers de l’attaque. Il doit tout de même soigner la qualité de ses transversales qui n’étaient pas toujours bien dosées pour ses partenaires sur les flancs. Il doit apprendre aussi à « aboyer » un peu pour replacer ses partenaires.

  • Kundé Mallong (Milieu) : 6,5/10

Relativement discret en 1ère mi-temps, il a permis, grâce à son intelligence de jeu, de fluidifier la circulation du ballon chez les Lions. Bonne vision de jeu, généreux dans l’effort, il a bonifié le milieu de terrain, notamment par un bon placement qui lui permettait de maintenir l’équilibre en fonction des déplacements de Zambo Anguissa. S’il progresse dans sa condition physique, Kundé peut devenir le nouveau Kana Biyick des Lions.

  • Toko Ekambi (milieu - attaquant) : 6/10

Difficile de situer sa position sur le terrain : un coup 3ème milieu offensif axial, un coup 2ème avant-centre, et parfois même attaquant de couloir droit. Il était une sorte d’électron libre, disponible et jouant sans s’économiser. Il lui a souvent manqué de lucidité dans la dernière passe au bout de sa débauche d’énergie. On voit bien que Seedorf a confiance en lui, et cela lui fera certainement beaucoup de bien pour exprimer toutes ses qualités.

  • Fabrice Olinga (milieu de couloir droit) : 4/10

Ce joueur très prometteur il y a quelques années semble avoir plafonné. Il conçoit ses gestes dans la tête, mais ses jambes ne les exécutent pas, à cause notamment d’une très petite condition physique. Il aurait pu être remplacé dès la mi-temps puisqu’il montrait déjà des signes de fatigue. Olinga doit accepter de souffrir en se faisant prendre en charge particulièrement par un bon préparateur physique s’il veut cesser d’être le fruit qui n’a pas tenu la promesse des fleurs.

  • Jacques Zoua (avantcentre) : 5/10

Sa passe décisive à Choupo Moting pour le but des Lions a sauvé son match. Volontaire et généreux dans l’effort, il est resté assez brouillon dans son jeu, multipliant les gestes inachevés. Avec sa longue expérience, il devrait évoluer dans un registre basé plus sur le placement, les remises, la ruse, pour mettre sur orbite ses partenaires plus jeunes et plus adroits, au lieu de toujours compter sur une puissance physique qu’il n’a plus.

  • Choupo Moting (attaquant flanc gauche) : 8/10

Incontestablement homme du match, il était en pleine forme, et ce n’est pas simplement parce qu’il portait le brassard de capitaine (ce n’était pas la 1ème fois) : c’est surtout son transfert au PSG en France qui lui redonné la confiance en son talent. Son but splendide est le couronnement d’un match qu’il a éclaboussé de sa technique, gratifiant le public de quelques gris-gris comme on les aime au pays de Roger Milla. Vivement que cette renaissance dure !

  • Paul Georges Ntep (attaquant) : 5/10

Entré à la place d’Olinga, il a montré de bonnes dispositions pour son retour au pays natal, mais il est visiblement en surpoids. Il avait à cœur de marquer les esprits du public camerounais, surtout la partie qui le boude encore pour son acceptation tardive et calculée de jouer avec les Lions (parce qu’il sait qu’il ne peut plus évoluer en équipe de France), mais il manque encore de repères chez les Lions. Il peut mieux faire s’il ne se croit pas en terrain conquis en raison de son passé.

  • Fai Collins (arrière droit) : Non noté

Bonne entrée à la place d’Onguéné qui était tellement terne dans son jeu que Faï ne pouvait que se mettre en évidence par ses incursions offensives sur le flanc droit. Il a joué moins de 30mn, juste le temps de montrer son registre habituel.

  • Joël Tagueu (attaquant) : non noté

On ne peut rien dire sur ce joueur qui n’a évolué que 10mn sans taper dans l’œil du public. A revoir pour mieux l’apprécier.

Charles MONGUE-MOUYEME

Il y a 9 heures 0
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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