Radios et télés du Cameroun : Couveuses de monstres et accélératrices de leur influence

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En quête d’audimat toujours, au service de l’argent-roi souvent, au nom de sombres réseaux parfois, les médias audiovisuels ont fait éclore des esprits démoniaques qui sèment la colère et la haine dans les cœurs des camerounais.

On accuse les réseaux sociaux d’être un espace dans lequel des individus sans foi ni loi viennent déverser leurs frustrations, leurs haines, leur sauvagerie et leur cruauté. Cela est certes indiscutable, mais il est encore plus vrai que ceux d’entre eux qui engrangent un nombre important de followers sont ceux qui ont acquis une certaine célébrité par leurs prestations dans les médias audiovisuels.

En effet, avec la semi-libéralisation du paysage audiovisuel camerounais, les médias sont devenus de véritables usines de production de monstres sociaux qui œuvrent assidûment à la destruction des valeurs morales dans le pays. Pauvres en contenus, ces médias ont jeté leur dévolu sur les émissions de débats et les talk-shows dont la production est plus facile et peu coûteuse. Mais pour tenir ces émissions, il faut des « clients », c’est-à-dire des personnes qui acceptent d’y être invitées, et, malheureusement, elles ne courent pas les rues.

Avec la concurrence, les médias s’arrachent les rares « bons clients » qui font donc le tour. Ceux-ci prennent de plus en plus confiance et s’autorisent de plus en plus de libertés dans leurs prises de parole. Ils comprennent vite qu’ils peuvent se servir de ces médias pour atteindre d’autres buts généralement égoïstes. Les émissions de débats et les talk-shows se tenant pratiquement les mêmes jours et aux mêmes heures, il faut pouvoir capter et captiver le maximum de téléspectateurs et d’auditeurs : à cet effet, la carte de visite (vraie ou usurpée) est importante, mais le bouillonnement du plateau d’invités est déterminant.

Les présentateurs choisissent donc en priorité des invités qui ont la capacité d’enflammer l’émission en usant de provocation, d’invectives, de dénigrements, et même d’insultes. Et ça marche, puisque les audiences les plus grandes sont atteintes lorsque les plateaux des émissions sont en feu. Une nouvelle filière est ainsi née dans les médias du Cameroun, celle des « metteurs de feu », dans laquelle exercent des animateurs, des journalistes, des consultants et des invités réguliers.

Ce filon médiatique de clientélisme, de positionnement, de manipulation et de lynchage n’a pas échappé aux officines socio-politiques notamment, qui ont vite fait de s’y engouffrer. Pouvoir, opposition, société civile, chacun a ses flibustiers et ses flingueurs. Pour eux, le rôle des débats n’est pas d’éclairer l’opinion sur des sujets précis, ou de produire des idées utiles au pays : ils servent plutôt à humilier les « adversaires », à faire du populisme, à légitimer le vice, et à défendre les intérêts de maffias commanditaires.

Comme les activités de ces monstres des médias semblent visiblement fructueuses en termes de gains financiers, de grades, et de postes, ils font des émules, et les médias sont quasiment envahis. On ne voit qu’eux, on n’entend qu’eux, on est contraint de subir leur arrogance, leurs fanfaronnades, leur mauvaise foi, et leur grossièreté. A Yaoundé par exemple, entre 10h et 12h, les populations sont prises en otage par les débatteurs des radios de la ville.

Sur les réseaux sociaux, ils sont plus violents encore, et ils y propagent l’intolérance et la haine de façon beaucoup plus crue. Des groupes facebook et whatsapp qu’ils animent sont consacrés à railler et stigmatiser des ethnies, à diffamer et insulter tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Ainsi donc, fabriqués par les médias, ces monstres échappent désormais à tout contrôle, et les médias eux-mêmes n’arrivent plus à s’en défaire. Le Conseil National de la Communication lui-même a été broyé par certains de ces monstres.

Comment neutraliser ces monstres médiatiques avant qu’ils ne conduisent le Cameroun au chaos ? Répondre à cette question est une urgence au pays du regretté Pr Fabien Eboussi Boulaga.

Charles MONGUE-MOUYEME

Il y a 11 heures 0
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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