Interview « Kilav » de Me D. Happi : L’Eto’o se resserre-t-il sur la Fécafoot ?

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Sa récente grande interview à la télé visait à laver son image malmenée. Mais le Président du Comité de Normalisation (CN) a visiblement trempé sa lessive dans de l’eau souillée.

Au Cameroun, une interview « Kilav » est le fruit d’une entente entre un interviewé et un interviewer pour blanchir l’image du premier cité sans en avoir l’air, ou régler des comptes. Pour qui a bien suivi la grande interview de Me Dieudonné Happi le 26 octobre 2018 sur Vision 4 TV, il est difficile de  ne pas y percevoir des relents de « Kilav »  dans le contexte actuel.

Le dévolu jeté sur Vision 4 TV n’est certainement pas le fait du hasard. En effet, l’interviewer de Me Happi, Ernest Obama, fait partie du cercle des proches de Samuel Eto’o auquel appartient aussi le Président du CN. Il est plus facile d’arranger une interview-brosse à reluire avec un membre de la « famille ». Et les dithyrambes du Président du CN sur le sérieux de Vision 4 masquent mal la subjectivité de ce choix.

Accusé de vouloir s’éterniser à la Fécafoot alors que le travail abattu par son équipe et lui ne le justifie pas, le Président du CN avait à cœur de montrer qu’ils se tuent à la tâche en moyenne 15 heures par jour pour servir le foot camerounais. Evidemment, le journaliste n’a pas insisté sur les outputs concrets de ces journées de travail interminables.

Encore un peu et on plaindrait Me Happi qui subirait les prorogations de mandat au CN, contraint de délaisser son cabinet d’avocat et de se contenter des 6500 dollars US mensuels (plus de 3 700 000 FCFA) qui lui sont accordés comme rémunération. Mais quand on réalise que les footballeurs professionnels de 1ère division évoluant au Cameroun sont rémunérés 100 000 FCFA par mois (environ 175 dollars US), cette révélation d’émoluments devient indécente. Me Happi qui a répété qu’il est là pour normaliser, trouve-t-il normal que les administrateurs du foot se gavent ainsi à la sueur de misérables joueurs ?

Le Président du CN avait à cœur de se présenter comme un homme rigoureux, qui gère la Fécafoot en bon père de famille. C’est ainsi qu’il dévoilera que les salaires  des personnels qu’il a recrutés ont été réduits de moitié par rapport à leurs prédécesseurs.  Sa démonstration de rigueur a été mise à mal quand il a fallu justifier le recrutement du super Team Press Officer des sélections nationales et de préciser la nature de son rattachement au Département Communication de la Fédé. Il se servira de satisfécits sur la compétence de Parfait Siki, le chef de ce Département, et d’éloges à l’endroit de Martin Camus Mimb comme échappatoire.

Comme toute rigueur qui se respecte, celle de Me Happi n’a pas d’états d’âme. Et c’est donc froidement qu’il annonce le licenciement prochain d’une quarantaine d’employés qui gonflent inutilement les effectifs de la Fécafoot, l’éloignant ainsi des standards internationaux en matière de ressources humaines. Dans le même esprit, il jure n’être jamais intervenu dans les convocations de joueurs en sélections nationales, et l’interviewer lui épargnera l’embarras de parler de son fils dont le rôle autour des Lions Indomptables est relativement flou.

En contrepartie de la clémence du journaliste, Me Happi lui offrira subtilement la tête de Faustin Mbida (ancien Directeur de Cabinet à la Fécafoot), dont le monde entier sait aujourd’hui qu’il avait un salaire à la Fonction Publique, et un autre à la Fécafoot, mais qui, malgré tous ces revenus, à quand même bénéficié d’un crédit financier complaisant qu’il n’a toujours pas remboursé. L’image de Nicolas Dikoumè (Coordonnateur des équipes nationales) sera écornée dans la foulée par la justification de sa suspension comme conséquence de son incapacité à tenir son rôle malgré son background sportif et intellectuel.

Le clou de cette interview, et probablement le motif principal de son organisation, c’était de répondre à tous ceux qui contestent la régularité de l’adoption des nouveaux statuts de la Fécafoot, en tête desquels Abdouraman Hamadou, le fournisseur officiels d’insomnies à ceux qui essayent de prendre illégalement le contrôle de la Fécafoot. Il fallait montrer qu’Abdouraman n’est pas aussi redoutable qu’on veut le faire croire, lui qui n’a même pas une bonne connaissance des textes de la Fécafoot. Du haut de sa longue expérience d’avocat, le Président du CN met Abdouraman au défi d’avoir gain de cause en sa demande d’annulation de la dernière Assemblée Générale d’adoption des statuts de la Fécafoot. Sous-entendu, ce qui était arrivé au Pr Joseph Owona ne lui arrivera pas.

Me Happi, en guise de parade au soupçon de main basse du clan Eto’o sur la Fécafoot, n’a pas pu trouver autre chose que de marteler que Samuel Eto’o est un grand patriote qui a toujours servi son pays. Bien entendu, l’interviewer ne s’est pas appesanti sur la question. Pourtant, la veille, Michel Kaham avouait sur une autre chaîne TV la tenue d’une réunion de « famille » convoquée par Gilbert Kadji pour annoncer son retrait de la course à la présidence de la Fécafoot, alors qu’il n’avait pas annoncé sa candidature avant. Gilbert Kadji est celui qui a permis au monde entier de vivre les exploits de l’immense … Samuel Eto’o. Hum !

Au finish, la grande interview de Me Happi ne semble pas avoir dissipé les doutes et les soupçons qui pèsent sur lui quant à l’existence d’un agenda caché dans son action. Malgré ses efforts pour apparaître serein à l’écran, on a bien vu qu’il redoute que l’étau de la contestation soit en train de se refermer sur lui.  A moins qu’il n’ait aussi des talents de comédiens.

Car, au rythme où le Président du CN procède à des nominations tous azimuts de proches du  Grand « 9 » alors qu’il est à moins de deux mois de la fin de son mandat, on peut se demander si le clan n’a pas décidé que le CN resterait en place jusqu’à la CAN 2019 au moins. Comment ne pas croire que Me Happi et son équipe sont volontairement en train de glisser sur la peau de banane des corps de métiers du foot, alors que la Loi sur le sport  a été modifiée pour le leur éviter ?

Charles MONGUE-MOUYEME

Il y a 11 heures 0
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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