Affaire Mimi Mefo : Libérer la presse camerounaise de ses hypocrisies

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Mimi Mefo libérée, il revient désormais à la corporation des journalistes camerounais de se libérer des hypocrisies qui la gangrènent.

Pour avoir relayé sur les réseaux sociaux une dépêche d’agence de presse annonçant qu’un pasteur américain a été tué dans la région en guerre du Nord-Ouest suite aux tirs de soldats camerounais, la journaliste Mimi Mefo d’Equinoxe Radio et TV a été incarcérée à la prison centrale de Douala pendant 72h, après inculpation pour atteinte à la sécurité de l’Etat par le tribunal militaire.

Les actions et les réactions au sujet de cette affaire Mimi Mefo ont encore montré l’absence de sincérité dans la confraternité au sein de la corporation des journalistes du Cameroun. Si les différences sont normales dans ce microcosme du fait des choix éditoriaux, on aurait pu penser qu’il y aurait au moins unanimité sur la défense des libertés d’opinion et de presse.

Au Cameroun, les journalistes sont comme les moutons du dicton : ils marchent ensemble mais ils n’ont pas le même prix. La fourberie règne dans cette corporation : on ne peut s’y fier ni aux apparences, ni aux déclarations, ni aux comportements. Minée par la pauvreté, confinée à la mendicité, pourrie par la corruption, terrorisée insidieusement ou caporalisée par le pouvoir, la corporation des journalistes du Cameroun peine à se montrer soudée et solidaire pour défendre ses intérêts et ses droits.

Qu’on ne s’y méprenne pas, il ne s’agit pas ici de fustiger l’absence de pensée unique dans les prises de position au sein de la corporation, mais de dénoncer celles qui se fondent sur des considérations hypocrites, dénuées de toute objectivité, même lorsqu’il s’agit de faits dont le journalisme a consacré la sacralité.

Ainsi en est-il de la position de la presse publique qui a fait l’impasse sur l’affaire Mimi Mefo. On ne peut pas expliquer non plus la position de ces journalistes qui ont pris le parti des accusateurs de Mimi Mefo, si ce n’est qu’ils ont pris l’option de ne rien dire qui puisse contrarier le pouvoir, même lorsqu’il apparaît évident que ce dernier s’écarte de la loi. Difficile aussi de comprendre le discours tiède des « icônes du journalisme » dont la stature réelle ou surfaite devrait servir à protéger la profession contre les atteintes à sa liberté.

Les jalousies dans cette profession qui met certains de ceux qui l’exercent sous les feux de la rampe, expliquent la retenue de certains journalistes qui estimaient qu’on en faisait trop pour Mimi Mefo, alors que beaucoup d’autres cas ne bénéficiaient pas de la même mobilisation. Comme s’ils reprochaient à Mimi Mefo d’avoir acquis une grande notoriété dans le paysage médiatique camerounais, alors que partout dans le monde, ce métier a ses vedettes.

Beaucoup trop de journalistes contestent à nombre de leurs « confrères » les aptitudes à exercer ce métier pour que cette corporation soit véritablement respectée par les autorités étatiques et les autres acteurs de la société camerounaise. La création du Conseil National de la Communication (CNC) et de la Commission de la carte de presse, structures aux ordres du gouvernement, montrent bien que les pouvoirs publics ont peu de considération pour les professionnels de la presse.

En réalité le pouvoir en place a plutôt peur des journalistes, et l’affaire Mimi Mefo vient encore d’en apporter la preuve cinglante. Mais la presse aussi craint le pouvoir, ce que laissent transparaître les remerciements du syndicat des journalistes au gouvernement après la libération de Mimi Mefo : pourquoi une victime devrait-elle remercier son bourreau d’avoir cessé de la torturer si ce n’est pour l’amadouer ?

En dehors d’un petit noyau dur, les journalistes camerounais ne croient pas en leur pouvoir. L’affaire Mimi Mefo peut être l’occasion pour eux d’y croire et d’arracher ce pouvoir. La pression exercée sur les gouvernants pour faire libérer la journaliste d’Equinoxe Radio et TV, si elle était maintenue, permettrait d’obtenir, en ce début frileux de septennat, que la corporation des journalistes s’auto gère, s’auto régule et devienne donc autonome comme celle des avocats. Et l’hypocrisie qui consiste à s’appeler « confrère » alors qu’on se méprise s’arrêterait.

Et il ne viendrait plus jamais à l’idée d’un ministre de la communication, présenté comme porte-parole du gouvernement, de remettre en cause la qualité de journaliste d’une journaliste-vedette d’un grand média du pays.

Charles MONGUE-MOUYEME

18 October 2019 à 05:00 0
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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