Bêtisier camerounais : Insulter Richard Bona, c’est renier ces légendes

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Le 11 mai de chaque année depuis 1981, ils commémorent le décès de Bob Marley. Ils sont tous unanimes sur le génie de cette légende de la musique reggae.

Mais se rappellent-ils seulement que Bob Marley combattait les systèmes oppressifs ? Il ne ratait pas une occasion d’appeler les peuples privés de liberté et appauvris à se lever pour défendre leurs droits.

Ils l’appellent affectueusement « Mama Africa », tellement Miriam Makeba a marqué le continent africain et le monde entier avec sa voix exceptionnelle. Ils sont tous d’accord qu’elle est pour toujours une légende de la chanson.

Mais se souviennent-ils que Miriam Makeba a lutté vigoureusement contre le système d’apartheid dans son pays et pour les libertés partout où elles étaient menacées ?

Evoquez le nom Fela Anikulapo Kuti, ils vous diront tout de suite que c’était le roi de l’afrobeat, et qu’il est définitivement entré dans l’histoire comme une légende de la musique.

Mais ont-ils oublié sa révolte contre les systèmes gouvernants qui entretenaient la déliquescence de la morale et l’asservissement du peuple dans son pays et à travers le monde ?

Demandez-leur de vous citer le nom d’un chansonnier camerounais de légende, et le nom Eboa Lottin occupera la tête de toutes leurs listes.

Mais se remémorent-ils les dénonciations du fils du Pasteur Lottin Samè sur les dérives de notre société, orchestrées par des hommes de pouvoir pervers et égocentriques ?

Comment peuvent-ils célébrer ces immenses artistes dont ils se délectent encore aujourd’hui des belles mélodies et des textes engagés, et insulter Richard Bona qui ne fait que prolonger les combats de ces légendes pour une société plus juste, plus libre, peuplée d’hommes dignes, probes et travailleurs, qui recherchent l’excellence en permanence ? Au point de remettre en cause le talent du meilleur bassiste du monde que la légende vivante Manu Dibango dit être « habité par la musique » !

Le Bona-bashing actuel perpétré par des camerounais qui ne supportent pas qu’il critique durement le régime qui règne sur la République du Cameroun depuis plus de 36 ans, vient rallonger le bêtisier de la société camerounaise dans laquelle on célèbre les médiocres, et on détruit les hommes de valeur.

Dès son premier album, Richard Bona nous avait pourtant tous prévenus :

 « Na songele minya na miodi (J’ai compté les jours et les mois)

Mi tombi onyola to lambo (Qui se sont écoulés en pure perte)

Wenge pond’e ma po na lo tukwe (Aujourd’hui l’heure est venue que vous changiez)

Ke lo si mende tunge to wuma (Sinon vous n’arriverez nulle part) ».

Richard Bona - Suwedi na wenge (Scenes from my life)

Nous y voilà!

Charles MONGUE-MOUYEME

Il y a 5 heures 0
Nguigjol rose

Merci beaucoup professeur, pour ce plus concernant l'histoire de notre pays, de notre continent et de nos ancêtres.

Abdoulaye Haman

Merci Professeur pour cet éclairage. Tôt au tard la vérité finira par triompher. Que les africains puissent s'approprier leur histoire pour éveil de conscience.

Lissom Céline carnelle

Impressionnant surtout venant de mon beau pays. Je salue tout humblement le travail de recherche qui a été faite alors l'histoire que nous apprenons depuis des années aujourd'hui reste douteuse vu les réalités de ce que vous nous prouvez aujourd'hui. Merci pour l'ouverture d'esprit de ma personne.

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