CAN 2021 : Le Cameroun en position de receleur

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En n’émettant aucune réserve sur l’organisation de la CAN 2021 que lui propose le Président de la CAF au détriment de la Côte d’Ivoire, le Cameroun rate une occasion de se montrer grand.

Les CAN 2019 et 2021 ont été attribuées au cours de la session du Comité Exécutif de la CAF tenue à Addis Abeba en septembre 2014, respectivement au Cameroun et à la Côte d’Ivoire. Le 30 novembre 2018, le Cameroun s’est vu retirer l’organisation de la CAN 2019 par une autre session du Comité Exécutif de la CAF tenue à Accra. Le communiqué sanctionnant cette assise indique que le Cameroun accusait un important retard dans les préparatifs, qui ne pouvait pas lui permettre d’être prêt à bonne date, en plus de la situation sécuritaire du pays qui était une circonstance aggravante. Ce communiqué ne mentionne nulle part le retrait de la CAN 2021 à la Côte d’Ivoire au profit du Cameroun.

Lorsque le Cameroun reçoit la correspondance du Président de la CAF adressée au Chef de l’Etat par laquelle il le prie d’accepter d’abriter l’édition 2021 de la CAN à la place de la Côte d’Ivoire, sa réaction normale aurait été de s’enquérir auprès de la CAF de l’effectivité du retrait de la CAN 2021 au pays de Didier Drogba, et des motifs que le justifient. Surtout après les interventions incohérentes, confuses et étonnantes de légèreté du Président et du Vice-Président de la CAF sur les médias internationaux pour confirmer et expliquer cette importante décision qui ne figure curieusement pas dans le communiqué officiel du Comité Exécutif du 30 novembre 2018.

Mieux, le Président Biya du Cameroun aurait dû contacter son « homologue et frère » Ouattara de Côte d’Ivoire, pour échanger avec lui et adopter une position commune sur cette question de la CAN 2021 que la CAF attribue au Cameroun alors qu’elle revient de droit à la Côte d’Ivoire. Car l’unité de l’Afrique est une lubie si l’organisation d’une compétition de foot qui dure à peine un mois peut semer des dissensions entre deux pays qui se disent « frères ». Que les errements d’une confédération de football qui fonctionne comme une maffia réussissent à opposer les peuples ivoiriens et Camerounais serait franchement lamentable.

Dès que la CAN 2019 a été retirée au Cameroun, le porte-parole du gouvernement a fait un point de presse dans lequel il a qualifié cette décision d’injuste. Le gouvernement camerounais estimait que retirer la CAN 2019 à sept mois de sa tenue était hâtif. Comment donc lui-même peut-il vouloir tirer profit d’un retrait de la CAN 2021 à la Côte d’Ivoire trois ans avant sa tenue ? Ce que les gouvernants camerounais trouvent injuste pour eux devient-il juste quand il s’agit d’un autre pays ?

Les dirigeants du pays de Samuel Eto’o aiment à répéter que le Cameroun est un grand pays, mais ils viennent encore de rater l’occasion de le prouver. En plein « septennat des grandes opportunités », ils n’ont pas su saisir l’opportunité de se positionner au rang des locomotives de l’unité africaine et de la solidité des institutions africaines. Le Cameroun aurait dû militer pour une CAF rigoureuse dans son fonctionnement, en blâmant ses dirigeants pour la grande légèreté dont ils font preuve avec cette décision concernant la CAN 2021. Quitte à ne pas organiser de CAN avant longtemps.

Une bonne réaction éthique et fraternelle du Cameroun aurait évité à la Côte d’Ivoire de se plaindre au Tribunal Arbitral du Sport (TAS) de Lausanne en Suisse, pour réparer le tort et les multiples préjudices que la CAF lui inflige en lui retirant sa CAN 2021 trois ans avant l'échéance. Hélas, une fois de plus, le monde entier réalise que l’Afrique est incapable de régler ses problèmes sur son sol, même quand il s’agit d’une question banale de jeu comme le football.

Au lieu de tenir la main de la Côte d’Ivoire pour dire à la CAF qu’elle ne sèmera pas la zizanie entre leurs peuples quasiment jumeaux, le Cameroun est plutôt en train de se mettre dans la posture d’un receleur. Le Cameroun devrait-il « acheter » une CAN 2021 volée à la Côte d’Ivoire ?

Il est encore temps de se ressaisir pour éviter aux camerounais une honte supplémentaire après celle du retrait de la CAN 2019 dû à l’incapacité de leurs dirigeants. Un « grand pays », ce ne sont pas les discours et les incantations : ce sont des actes positifs moralement inattaquables.

Charles MONGUE-MOUYEME

15 February 2020 à 03:51 0
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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