Evénementiel Cameroun : Quand les annonceurs sponsorisent la médiocrité

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L’événementiel au Cameroun est miné par l’amateurisme. Pourtant des sponsors l’accompagnent.

« Comment ils associent leur marque à un événement aussi nul ? » C’est la question que se posent certaines personnes après avoir assisté à un spectacle culturel ou sportif au Cameroun, tellement son organisation et les prestations des acteurs laissent souvent à désirer. C’est que, normalement, les annonceurs devraient éviter de sponsoriser les événements susceptibles d’entacher leur image de marque, et les valeurs qu’ils promeuvent.

Une grande entreprise opérant au Cameroun était tellement dépitée par la mauvaise qualité des spectacles, qu’elle avait décidé, selon les dires de son responsable en charge de la communication, de ne plus sponsoriser des événements dont elle recevait des dossiers entièrement finis. Cet annonceur exigeait d’être associé au montage d’un projet événementiel pour pouvoir mieux le jauger, et s’assurer qu’il respecte les valeurs qu’il défend et les canons professionnels dans le domaine concerné, avant de décider de le sponsoriser ou non.

Un haut cadre chez un autre annonceur qui accompagnait des compétitions sportives avouait que son entreprise ne considérait plus ce partenariat comme une opération de sponsoring, mais plutôt comme une aide accordée au mouvement sportif camerounais. Car le niveau de médiocrité de ces compétitions ne pouvait pas justifier un tel sponsoring.

Oser la comparaison entre des événements tels que le Festival du cinéma de Cannes, Miss France ou The Voice et leurs pendants au Cameroun, revient à comparer la lumière et les ténèbres. Le niveau de qualité est très bas au pays de Dikongue Pipa, Julienne Honorine Ayissi et Charlotte Dipanda. La modicité des moyens matériels et financiers souvent invoquée pour justifier ce déficit qualitatif ne peut convaincre que des esprits complaisants.

En effet, les organisateurs de spectacles trébuchent presque tous dans la conception de leurs événements qu’ils dimensionnent mal. D’autre part, ils ne trouvent pas utile d’étudier les attentes réelles des cibles qu’ils visent, pour pouvoir leur proposer des spectacles qui les satisfont. D’ailleurs beaucoup ne conçoivent même plus les spectacles, ils font du plagiat pur et simple, sans s’assurer que les ressources humaines, matérielles, financières et environnementales sont disponibles pour ne pas se borner à singer ce qu’ils ont vu ailleurs.

Les annonceurs sollicités pour accompagner ces spectacles mal conçus, devraient constituer le rempart sur lequel se fracasseraient les projets médiocres des apprentis-sorciers de l’événementiel qui prolifèrent au Cameroun à la vitesse des call-box. Mais la cupidité, le copinage, la corruption, et l’incompétence ne le permettent malheureusement pas toujours. Comment des entreprises qui trichent avec les administrations pour exister, qui s’appuient sur des réseaux mafieux pour engranger des bénéfices faramineux sur le dos des consommateurs, peuvent-elles observer une quelconque rigueur dans le sponsoring qui ne leur rapporte que des gains marginaux ?

D’accord, faute de mieux, certains annonceurs sont obligés de se contenter de ce qu’il y a. Mais, très souvent, on ne sponsorise pas l’événement, mais celui qui le porte à visage découvert ou non. L’élite du village, l’inspecteur des impôts, l’honorable député, le conseiller du Premier Ministère ou de la Présidence, le ministre, servent ainsi de caution aux demandeurs de sponsoring auprès des entreprises. Pour ne pas risquer de fâcher ces personnalités qui peuvent avoir une forte capacité de nuisance, les annonceurs sponsorisent donc des événements sans véritablement se préoccuper de leur qualité.

Et comme le grand public, lessivé par le chaos intellectuel qui a cours au Cameroun, est devenu aussi frivole que les prostituées du « Quartier Mozart » à Douala (bien connu par le cinéaste Jean-Pierre Bekolo), les organisateurs d’événements peuvent s’installer durablement dans la non-qualité et … prospérer. Hélas !

Charles MONGUE-MOUYEME   

26 May 2020 à 07:13 0
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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