Glissement éthique : Le Cameroun reprend les rênes de la CAF

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Depuis le 2 octobre 2018, il n’y a pas plus camerounais que le président de la CAF.

Pendant près de 3 décennies, Issa Hayatou, fils du Cameroun, a présidé aux destinées de la Confédération Africaine de Football (CAF). Jusqu’au 16 mars 2017 où il est terrassé par le malgache Ahmad Ahmad. Il quittait ainsi la tête de la CAF sans avoir vécu une Coupe d’Afrique des Nations (CAN) dans son pays d’origine, ce qui peut expliquer son dépit après sa défaite à cette élection qu’il disait ultime pour lui.

La chute de l’équipe Tombi A Roko après 2 années d’imposture à la FECAFOOT avait été un signe pour comprendre que le Cameroun avait vraiment perdu le gouvernail de la CAF, et donc la Vice-Présidence de la Fifa, principale protectrice de la mafia-FECAFOOT. Les déclarations diplomatiquement incorrectes du président Ahmad sur les insuffisances du Cameroun dans les préparatifs de la CAN 2019 étaient un autre indice que le Cameroun n’était plus en odeur de sainteté à la CAF.

L’époque où la CAF fermait les yeux sur le non-respect des normes des stades du Cameroun, ou des délais de participation des clubs aux compétitions africaines semblait bien révolue. Accorder le glissement de la date de tenue d’une CAN féminine comme à Yaoundé en 2016, ou tolérer la transformation d’une cérémonie de lancement de CAN masculine en démonstration de soutien à un homme politique, la CAF ne ferait plus preuve d’une telle complaisance à l’endroit du pays d’Aboudi Onguéné.

Les compatriotes de Christian Bassogog le pensaient et le disaient à leur manière : « Ahmad va nous faire ça dur » ! Et les déclarations du président de la CAF donnaient chaque jour un peu plus de sens à ces inquiétudes. En réaction, certains camerounais ont choisi de dénigrer Ahmad Ahmad à chaque occasion que leur offraient les médias. Ce malgache qu’on disait « avoir une dent » contre Issa Hayatou était quasiment devenu l’ennemi public n°1 au Cameroun.

Puis arriva le 2 octobre 2018, ce jour où le Président et le Vice-Président de la CAF foulèrent le sol du Cameroun, à l’invitation du Président de la République, et avec les bons offices de Samuel Eto’o. Nous étions alors à 5 jours de l’élection présidentielle à laquelle Paul Biya était candidat à sa propre succession. A quelques semaines de la session du Comité Exécutif de la CAF qui devait statuer sur le maintien ou non de la CAN 2019 au Cameroun, personne n’avait vu venir cette visite, et les spéculations étaient donc de mise.

Face à la presse à la sortie du palais d’Etoudi,  la déclaration du Président Ahmad a été brouillonne, mais les gens n’ont retenu que son côté rassurant quand il a fait croire que la décision de conserver l’organisation de « sa » CAN incombait au Cameroun. Le soutien déclaré de Samuel Eto’o au président-candidat Paul Biya a certes confirmé l’hypothèse selon laquelle la visite du Président de la CAF avait des visées politiciennes, mais personne n’avait imaginé que ce bref séjour à Yaoundé avait changé la vie d’Ahmad Ahmad et Constant Omari.

En effet, tout porte à croire que les dirigeants de la CAF ont subi à Yaoundé une forte « camerounisation » par formatage rapide. Car, à part le retrait de la CAN 2019 au Cameroun qu’ils n’ont certainement pas pu empêcher du fait du retard irrattrapable du pays sur le cahier des charges, les présidents Ahmad et Omari sont devenus les meilleurs défenseurs de la cause Cameroun dans l’Afrique politico-sportive. Ils font ainsi feu de tout bois pour arracher la CAN 2021 à la Côte d’Ivoire et la réattribuer au pays d’origine de Kylian Mbappe. Et ils se servent de méthodes très camerounaises pour cela : juridisme ; application à géométrie variable des textes ; mensonges ; manipulation ; intimidation ; abus de pouvoir ; discourtoisie ; etc.

En moins de 24 heures passées dans « la ville aux 7 collines », Ahmad Ahmad et Constant Omari ont parfaitement assimilé les « valeurs » qui font que le Cameroun soit le … Cameroun : culte de la personnalité, dérives langagières, contradictions, incohérences, ego surdimensionné, auto-humiliation, impunité. On ne sait pas si le Président de la CAF a rencontré le porte-parole du gouvernement de l’époque, mais depuis, dès qu’on lui dit « Cameroun », il réagit automatiquement en déclamant « le Président Paul Biya est un grand homme ». En bon néo-camerounais, il envisage même de tailler les textes de la CAF à la mesure de ses compromissions, ravalant ainsi le Comité Exécutif au rôle de chambre d’enregistrement.

Il n’y a pas à dire, avec la chute du camerounais de sang Issa Hayatou, le Cameroun avait perdu le pilotage de la CAF. Mais grâce à Ahmad Ahmad, camerounais d'opportunité, le pays de Mbappè Essoka (administrateur émérite de football de regrettée mémoire), a repris les rênes de l’instance faîtière du foot africain depuis le 2 octobre 2018. Et comme le faisait son illustre prédécesseur et désormais « compatriote » avec Sepp Blatter, Ahmad Ahmad se sert également du président Infantino de la FIFA comme caution pour « crédibiliser » ses actes tordus aux yeux des complexés africains qu’il fait semblant de défendre.

Qu’est-ce que cette reprise en main de la CAF a coûté à « Yaoundé » ? L’entremetteur Samuel Eto’o le révélera peut-être un jour.

Charles MONGUE-MOUYEME

Il y a 15 heures 1
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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