Incompatibilité : L’Honorable Joshua Osih persiste à se discréditer à la Fecafoot

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On ne peut pas être vice-président de la Fecafoot et député à l’Assemblée Nationale. Joshua Osih est dans l’imposture, et il persiste.

Invité à l’émission « La vérité en face » du 17 février 2019 sur Equinoxe Télévision, le 1er vice-président du parti politique SDF (Social Democratic Front) et candidat à la présidentielle 2018 au Cameroun, a abordé avec une légèreté déconcertante la question de l’incompatibilité du statut de vice-président de la Fecafoot qu’il a acquis à la dernière élection de cette fédération, avec celui de député de la nation qu’il porte encore. Une légèreté d’autant plus surprenante qu’il avait abordé au cours de la même émission des sujets hautement plus complexes et sensibles avec une certaine lucidité : guerre civile dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, arrestation de Maurice Kamto, etc.

Joshua Osih a d’abord tenu à préciser aux journalistes qui l’interviewaient que la Fecafoot est une association privée, donc elle n’engageait pas les impôts des camerounais. Comme pour minimiser la portée d’une affaire concernant la fédération sur le plan national. Siégeant à l’Assemblée Nationale, Joshua Osih n’a-t-il pas vu passer la « Loi portant organisation et promotion des activités physiques et sportives au Cameroun » qui y a été votée en 2018 ?

Cette loi stipule bien, en son article 47, que « les fédérations sportives participent à l’exécution d’une mission de service public », ce qui confère un statut particulier à la Fecafoot qui ne peut pas être assimilée à une association privée banale. La même loi précise d’ailleurs en son article 68, que « les athlètes et les associations sportives peuvent bénéficier de subventions de l’Etat et des Collectivités Territoriales Décentralisées », ce qui est le cas avec les sélections nationales de football.

Le 1er vice-président du SDF fait ensuite montre d’une curieuse méprise des textes de la Fecafoot, lorsqu’il affirme que le Comité d’Urgence n’est qu’un organe ad hoc dans lequel il n’est pas obligé de siéger. Pourtant le Comité d’Urgence est traité dans la section 5 des statuts de la Fecafoot, et les Commissions Permanentes et Ad hoc dans la section 6. Ce qui indique que ni dans l’esprit, ni dans la lettre de ses statuts, la Fecafoot ne considère le Comité d’Urgence comme un organe ad hoc. Et l’article 49 de ces statuts est sans équivoque :

« Article 49 :

1. Le Comité d’Urgence est une formation restreinte du Comité Exécutif composée du Président de la FECAFOOT, des quatre vice-présidents, du représentant de la Ligue de Football Professionnel du Cameroun et de la représentante de la ligue de football féminin. »

Comment un vice-président nouvellement élu au Comité Exécutif de la Fecafoot peut-il ne pas savoir que le Comité d’Urgence auquel il appartient d’office est plus permanent que le Comité Exécutif lui-même dont les sessions ordinaires sont statutairement prédéfinies et relativement espacées ? L’alinéa 2 de l’article 49 des statuts indique clairement que c’est le Comité d’Urgence qui, en réalité, prend les décisions à la Fecafoot au quotidien :

« 2. Le Comité d’Urgence traite toutes les affaires nécessitant d’être réglées entre deux sessions du Comité Exécutif, à l’exception :

a) de la vacance de la présidence ;

b) du recrutement ou de la révocation du Secrétaire Général et du Secrétaire Général-Adjoint. »

Joshua Osih estime qu’il a le choix de siéger ou non au Comité d’Urgence, ce qui l’exposerait ou non à la disposition sur l’incompatibilité. Le candidat à l’élection présidentielle de 2018 au Cameroun serait-il en train de suggérer qu’on peut nommer un membre du Comité Central du RDPC à la Direction d’ELECAM, et qu’il suffit que ce dernier ne participe plus aux réunions du RDPC pour que cela ne pose plus aucun problème relativement à sa neutralité prescrite par la loi électorale ?

Point n’est besoin de recourir à l’exemple ci-dessus pour montrer l’erreur de Joshua Osih, puisque les statuts de la Fecafoot ne soutiennent pas sa compréhension de la qualité de membre du Comité d’Urgence :

« Article 49 :

3. Les sessions du Comité d’Urgence sont convoquées par le Président de la FECAFOOT. Si une convocation dans un délai utile n’est pas possible, des décisions peuvent être prises par tout moyen laissant trace écrite. 

Ces décisions entrent en vigueur immédiatement. Le Président informe dans les vingt-quatre (24) heures le Comité Exécutif des décisions prises par le Comité d’Urgence.»

Le Comité d’Urgence n’a donc pas besoin de siéger dans une salle pour travailler et prendre des décisions : il peut le faire même par échange d’e-mails ou de SMS qui sont des moyens « laissant trace écrite ». Joshua Osih interdira-t-il donc au Président du Comité Exécutif de la Fécafoot de le saisir par e-mail ou SMS, alors que ce dernier sait pertinemment qu’il est un membre du Comité d’Urgence ? Quels arguments produira le Président à l’ensemble du Comité Exécutif pour justifier qu’un membre du Comité d’Urgence ne soit jamais consulté et ne participe jamais à la prise de décision ?

Et si 5 des 7 membres du Comité d’Urgence sont aussi parlementaires comme Joshua Osih, et décident de ne pas y « siéger » pour ne pas tomber sous le coup de l’incompatibilité, la Fecafoot fonctionnera-t-elle alors sans Comité d’Urgence, puisque ses décisions ne sont valables que si elles sont prises par 3 membres au moins ?

Joshua Osih peut s’être converti au juridisme ambiant au sein de la Fecafoot, mais il ne pourra jamais démontrer qu’il n’est pas sous le coup d’une incompatibilité en étant à la fois vice-président au Comité Exécutif de la Fecafoot, et député à l’Assemblée Nationale :

« Article 50 : Incompatibilités

1. Les fonctions suivantes sont incompatibles avec celles de membre du Comité d’urgence de la FECAFOOT :

                d) Membre du gouvernement ou toute personne exerçant une activité lui conférant une immunité de poursuites. »

Le statut de député confère bel et bien une immunité de poursuites. Joshua Osih se trouve donc en flagrant délit de non-respect des statuts d’une association à laquelle il a librement adhéré. Car l’alinéa 4 de l’article 50 des statuts indique que « Le membre frappé d’incompatibilité dispose d’un délai de trente (30) jours à compter de son élection ou de sa désignation, pour démissionner de son précédent poste sous peine de déchéance par l’Assemblée Générale. »  

Le SDF a toujours dénoncé et décrié les violations de lois et autres textes au Cameroun par le pouvoir détenu par le RDPC. Voici son 1er vice-président qui a annoncé qu’il se représentera à l’élection présidentielle, qui se rend coupable de violation de textes dans la mafieuse Fecafoot que la Fifa a du mal à normaliser depuis 2013. La prochaine Assemblée Générale de la Fecafoot devra donc le déchoir de son poste de vice-président de la Fecafoot. Et le SDF le laisse faire, comme s’il tient à confirmer la thèse de ceux qui pensent qu’il n’est pas différent du RDPC.

Que s’est-il passé dans ce pays pour que les camerounais les plus en vue deviennent si peu soucieux de leur image ?

Charles MONGUE-MOUYEME

24 October 2020 à 00:39 1
Nguigjol rose

Merci beaucoup professeur, pour ce plus concernant l'histoire de notre pays, de notre continent et de nos ancêtres.

Abdoulaye Haman

Merci Professeur pour cet éclairage. Tôt au tard la vérité finira par triompher. Que les africains puissent s'approprier leur histoire pour éveil de conscience.

Lissom Céline carnelle

Impressionnant surtout venant de mon beau pays. Je salue tout humblement le travail de recherche qui a été faite alors l'histoire que nous apprenons depuis des années aujourd'hui reste douteuse vu les réalités de ce que vous nous prouvez aujourd'hui. Merci pour l'ouverture d'esprit de ma personne.

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