CAN 2019 : Qualifié avec faute et sous réserve, le Cameroun jubile sans honte

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Par Charles MONGUE-MOUYEME

Le match Cameroun-Comores (3-0) vient encore de montrer l’état de déliquescence morale dans lequel se trouve le Cameroun.

Il y avait quelque chose d’indécent à voir ces autorités du pays de Choupo Moting bondir de leurs fauteuils du stade Ahmadou Ahidjo pour célébrer démonstrativement les buts des Lions Indomptables face aux Comores, en match qualificatif à la CAN 2019 prévue désormais en Egypte. Comment des gens qui, par leurs défaillances et leur cupidité, ont retiré la qualification d’office à la phase finale de la CAN 2019 au Cameroun en qualité de pays organisateur, peuvent se livrer, toute honte bue, à de telles manifestations de joie ?

Le gouvernement avait voulu faire croire à l’opinion que le retrait de l’organisation de la CAN 2019 au Cameroun avait été une injustice, un complot ourdi par le Maroc notamment qui voulait absolument récupérer cette CAN. Et il s’était engagé à justifier cette thèse en achevant tous les chantiers de la CAN au plus tard à la fin du mois de mars 2019, date à laquelle le Cameroun était supposé remettre les clés des infrastructures à la CAF. Au moment où les Lions Indomptables disputent le match devenu décisif face aux Comores le 23 mars 2019, les chantiers de la CAN sont loin d’être achevés, mais les membres du gouvernement et les autorités sportives font les fiers au stade Ahmadou Ahidjo où la CAF n’a pas osé prendre le risque de faire jouer le match en nocturne. Sans honte.

Et ce public camerounais qui ne s’est pas retenu de manifester sa grande joie pour la qualification de son équipe nationale a-t-il conscience qu’il absout quasiment ainsi tous ces incompétents et ces prévaricateurs  qui ont disqualifié les Lions Indomptables des CAN 2019 et 2021 comme l’indiquent les textes de la CAF ? Comment le public camerounais peut-il fièrement exulter pour une qualification sous réserve d’une sentence des instances juridictionnelles sportives par devant lesquelles les Comores ont attrait la CAF pour application complaisamment partielle de ses textes en vigueur ? Le fameux « la loi est dure, mais c’est la loi » n’est donc pertinent que lorsqu’il s’agit de réprimer durement des adversaires politiques ?

Le pays champion d’Afrique 2017 qui devait défendre son titre à la maison en 2019 en est réduit à profiter d’une violation flagrante (et avouée) des textes de la CAF pour se qualifier à la compétition phare du foot africain. Dans un pays qui s’emploie chaque jour à confirmer sa réputation d’Etat dans lequel le strict respect des lois est une exception, la jubilation suite à la qualification face aux Comores montre que, même dans le sport, l’esprit chevaleresque, le sens de l’honneur et la dignité ont disparu au Cameroun.

Les poulains de Clarence Seedorf devraient être les seuls à célébrer cette qualification à la CAN 2019 en Egypte, car consécutive à leurs efforts, à leur courage, et à leur talent. Mais, sachant que la qualification est encore sous réserve, et surtout que leur public du Cameroun est privé d’une grande fête, les joueurs des Lions Indomptables devaient s’imposer de la retenue pour montrer que les choses ne se déroulent pas normalement. En mimant le « foup fap » de Nyangono du Sud, Clinton Njie, Christian Bassogog et les autres Lions ont mis la colère légitime des camerounais encore lucides « dans la sauce », et ils ont ainsi signé un « arrangemento » pour éloigner le châtiment que les fossoyeurs de la CAN Cameroun 2019 méritent.

Quand un footballeur marque un but de la main validé par l’arbitre, s’il est honnête et pétri de fairplay, il ne jubile pas. La qualification pour la CAN 2019 d’Egypte après le retrait de sa CAN 2019 est un but inscrit de la main par le Cameroun.

Charles MONGUE-MOUYEME

15 July 2019 à 23:25 0
Deffo Jean-Pierre

Tu as trois fois raison Charles. J'ai compris très tôt que Abel Elimbi Lobé était la taupe du pouvoir. Mon problème c'est que plusieurs médias ont prêté le flanc à cette supercherie en donnant surabondament la parole à cet allié non assumé du parti au pouvoir. Dommage pour ce peuple qui a soif d'une autre façon de gouverner.

TIOBOU Jean-Marie

Ouf !!!! Quelle peinture mon grand frère ! Dans ce cirque les leçons nous donnent de comprendre que la tricherie est érigée en.modèle de société d'une part. D'autre part qu'il y'a des immuables... des immortels. S'ils pouvaient se souvenir de Mumbutu S. SEKO qui se prenait pour le Dieu !!!! Je prie et souhaite que l'esprit de PAIX règne et conduit à renouer avec nos frères et soeurs des zones en crise.

Fernant Nenkam

Je tire la graisse de ce test pour cuire la chair de l'ami Charles Mongue-Mouyemé. "Selon les statuts de la FECAFOOT, le dirigeant d’une entreprise publique ou parapublique ne peut plus postuler à la présidence de la Fécafoot pour des nécessités de disponibilité". Le poste occupé par Martin Camus Mimb Hiol n'est pas électif et sa radiodiffusion n'est non plus ou parapublique.

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