Cameroun : Le gouvernement Dion Ngute joue les playoffs … « down »

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Par Charles MONGUE-MOUYEME

Le conseil de cabinet tenu à la primature le 23 mai 2019 a confirmé que le gouvernement s’est résolument engagé dans les playoffs de maintien au pouvoir.

C’est le Premier Ministre (PM) Dion Ngute qui a officialisé la participation du gouvernement camerounais à ces barrages particuliers auxquels il a été contraint suite à 36 saisons de prestations médiocres, en allant faire sa mise au vert dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest (NOSO). Le maintien de ce gouvernement au pouvoir se décidera à l’issue des 5 matchs qu’il doit disputer contre des adversaires directs coriaces.

Adversaire 1 : Sincérité

Il faut dire que tout au long des 36 saisons passées du championnat de la gouvernance, il est de notoriété publique que la sincérité aura été la bête noire du gouvernement camerounais. L’une des défaites les plus mémorables que la sincérité aura infligée au gouvernement, c’était au stade de la Tripartite en 1991. L’équipe du capitaine Dion Ngute réussira-t-elle à briser le signe indien ? On peut sérieusement en douter quand on observe les incoordinations entre le PM et son ministre de l’administration territoriale sur la présence ou non de la forme de l’Etat sur le terrain du dialogue national envisagé. La récupération vicieuse faite par l’ambassadeur Tommo Monthe au conseil de sécurité de l’ONU du dîner offert au PM à Bamenda par le Chairman du SDF est un autre mauvais signe.

Adversaire 2 : Opportunisme

L’opportunisme réussit plutôt bien jusqu’ici au gouvernement camerounais : asphyxié, il a souvent réussi à se donner de l’air à coup de promesses circonstancielles généralement sans bonne suite : on se souvient que pour se tirer des émeutes de la faim en 2008, le gouvernement avait promis la suspension de droits de douanes sur plusieurs produits de 1ère nécessité, et une augmentation des salaires des fonctionnaires : qu’en est-il depuis ?

Aujourd’hui, secoué par la guerre de sécession au NOSO, le gouvernement réuni en conseil de cabinet évoque de nouveau la perspective de la construction prochaine d’un port en eaux profondes à Limbe. Cette autre promesse opportuniste va-t-elle réussir à atténuer la colère des populations frustrées du NOSO ? Rien n’est moins sûr.

Adversaire 3 : Rigueur

Annoncée partenaire officiel du Renouveau en 1982, la rigueur a été depuis remplacée dans ce rôle par l’inertie, la corruption et l’impunité. Dans ces playoffs de maintien au pouvoir, le gouvernement veut essayer de dompter la rigueur, d’où la mise en exergue de l’ancienne-nouvelle volonté de mettre fin à la prévarication et aux surfacturations, notamment celles concernant les travaux routiers. Quand on se rappelle que le gouvernement camerounais n’a jamais réussi à seulement réduire son train de vie malgré des déclarations d’intention plusieurs fois répétées, on peut pronostiquer sa défaite contre cet adversaire.

Adversaire 4 : Planification

Le conseil de cabinet du 23 mai 2019 a porté son attention sur le plan de relance de Camair-Co pour enfin l’appliquer, alors que cette compagnie est une fois de plus, et comme d’habitude, dans le coma. Le gouvernement a même exhumé de ses profonds tiroirs le plan qui prévoyait la réhabilitation de 200 km de routes en moyenne par an. Le gouvernement Dion Ngute veut donc faire croire qu’il n’a plus la phobie de la prévision, de la planification. Chaque Camerounais non chauvin sait que ce match est perdu d’avance, sauf miracle.

Adversaire 5 : Vérité

En évitant d’évoquer la guerre dans le NOSO, le conseil de cabinet du 23 mai 2019 avait certainement à coeur de donner l’impression qu’il est désormais préparé à affronter la vérité. Il ne fallait donc pas insérer dans le compte-rendu des faits mensongers sur la situation réelle au NOSO. Se taire pour ne pas mentir, est-il vraiment différent du mensonge ? Encore qu’en soulignant qu’il n’y aurait que 23% de routes bitumées qui sont dans un état médiocre, ce conseil de cabinet montre encore sa fragilité face à la vérité.

Au Cameroun, quand un championnat est bancal, on l’achève désormais par des playoffs en aller simple. Le championnat de la gouvernance est bancal depuis 36 ans, et les camerounais exigent désormais sa fin rapide pour arrimer le pays au calendrier du développement des nations. Le PM est donc en train de se déployer pour éviter la relégation de son gouvernement dans les poubelles de l’histoire. Mais ni le capitaine Dion Ngute, ni ses coéquipiers, ni son sélectionneur ne sont outillés physiquement, techniquement, tactiquement et psychologiquement pour se tirer d’affaire. Surtout qu’ils semblent dépassés par la pression internationale.

Le Tribunal Arbitral de la Gouvernance, communément appelée Dialogue Inclusif, a déjà reçu délégation de pouvoir du peuple lucide, pour sauver par tous les moyens de la descente aux enfers la sincérité, la rigueur, la planification et la vérité au terme de ces playoffs … down.

Charles MONGUE-MOUYEME

Il y a 14 heures 0
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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