CAN 2019 : Le TAS déboute les Comores et booste les « super-patriotes » camerounais

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Par Charles MONGUE-MOUYEME ►

Le malheur des justes fait le bonheur des fourbes.

Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a décidé de rejeter purement et simplement les recours des Comores pour voir appliquer entièrement les règlements de la Confédération Africaine de Football (CAF) relatifs au retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) à un pays. Une stricte application des règlements aurait disqualifié le Cameroun de la CAN 2019 depuis le 30 novembre 2018 au profit des Comores qui auraient ainsi savouré en Egypte leur première participation à une CAN.

Cette sentence de la plus haute juridiction mondiale du sport n’est certes pas convaincante pour tout le monde, mais elle doit être respectée parce que c’est la règle du jeu. Par contre, ce qui est irrecevable, c’est le triomphalisme honteux de certains camerounais dès l’annonce du verdict du TAS. Une exultation sans retenue qui trahit une fois de plus le niveau de déliquescence morale qu’a atteint  le pays de Rudolf Duala Manga Bell aujourd’hui.

En effet, le Cameroun était le pays organisateur de la CAN 2019 qui lui a été retirée par le Comité Exécutif de la CAF pour incapacité de l’organiser à bonne date au regard de l’état d’avancement des préparatifs. Que des camerounais en soient à jubiler après une violation par la CAF de ses propres textes (cf. interview du Président Ahmad sur Afrique Média) et une sentence du TAS qui qualifient leur sélection nationale à la CAN 2019 en Egypte, ils se font complices des prévaricateurs qui ont impunément causé le retrait de la CAN 2019 à leur pays. Et ça c’est immoral.

Si ces « super-patriotes » s’en étaient tenus à exprimer leur joie de voir Seedorf et ses poulains prendre part à la CAN 2019, on aurait pu les classer dans les inconditionnels des Lions Indomptables qui aiment voir leur équipe prendre part à tous les grands rendez-vous du football dans le monde. Mais ils ont choisi de s’attaquer à leurs compatriotes qui avaient eu l’honnêteté et la lucidité de reconnaître que le Cameroun devait, d’après les textes de la CAF, être exclu des CAN 2019 et 2021. Ainsi qu’à ceux qui exigent des sanctions exemplaires contre les pilleurs de la fortune publique qui ont occasionné le retrait de la CAN 2019 au Cameroun.

« Antipatriotes », « oiseaux de mauvais augure », « ennemis du Cameroun » sont quelques-unes des gentillesses dont sont affublés les camerounais qui ont souvent reconnu que la cause défendue par les Comores au TAS était juste. Désormais, c’est eux les méchants individus qui détestent le Cameroun, et pas ceux à cause de qui aucun chantier n’est encore achevé en juin 2019 malgré un dépassement abyssal du budget de départ. En cas de victoire des Lions Indomptables à la CAN égyptienne, ces super-patriotes vont peut-être demander que les fossoyeurs de la CAN 2019 du Cameroun soient élevés au rang de héros nationaux.

Si Leeds United avait été un club du Cameroun, son entraîneur Marcelo Bielsa ne serait peut-être plus en vie, lynché par des camerounais du type super-patriotes qui n’auraient pas pu comprendre qu’il refuse que son équipe profite d’un but irrégulier validé par l’arbitre d’un match. Au prix de la montée en 1ère division, il a demandé à ses joueurs de rétablir l’équité sportive en laissant l’équipe adverse marquer pour annuler ce but litigieux.

L’Argentine avec Maradona et la France avec Thierry Henri ont eu leur « main de Dieu ». Le Cameroun avec le trio Paul Biya – Samuel Eto’o – Ahmad Ahmad vient de bénéficier de la « sentence de Dieu ». Mais elle ne donne le droit à personne d’insulter ceux qui ont choisi de ne pas composer avec la fourberie et l’imposture, d’où qu’elles viennent.

Charles MONGUE-MOUYEME

18 February 2020 à 05:16 0
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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