Lions Indomptables : Des nominations dignes du Cameroun

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Par Charles MONGUE-MOUYEME

Les camerounais ont le staff qu’ils méritent à la tête des Lions. Et pourtant ils protestent.

L’entraîneur portugais Antonio Conceiçao Da Silva Oliveira remplace Clarence Seedorf au poste d’Entraîneur-Sélectionneur National des Lions Indomptables A. C’est par un communiqué radio-presse que le Ministre des Sports et de l’Education Physique (MINSEP) a rendu publique cette information le 19 septembre 2019. Le même communiqué indiquait que François Omam Biyick occupera le poste d’Entraineur-Sélectionneur Adjoint Principal, et Jacques Songo’o celui d’Entraîneur Adjoint chargé des gardiens de buts. Chez les A’, Yves Clément Arroga est le nouveau patron du banc de touche, assisté d’Emmanuel Ndoumbè Bosso et Clément Assimba (entraîneur en charge des gardiens de buts).

A peine ces nominations étaient-elles diffusées, qu’elles faisaient le buzz, notamment à travers une vague de critiques, de contestations et d’indignations. Ce qui était mis en avant, c’est le CV jugé insignifiant de Toni Conceiçao, le rejet de la candidature de Patrick Mboma, et l’acceptation par Omam Biyick et Jacques Songo’o de jouer les seconds rôles à l’ombre d’un expatrié qui n’a pas leur carrure sportive. Sportifs, journalistes, experts es foot, supporters, tous semblaient s’être passé le mot pour s’offusquer de ce nouveau mauvais choix des autorités camerounaises. Pourtant, ce choix est cohérent, pour ceux qui connaissent un peu le Cameroun et ceux à qui on l’a mal expliqué. Et beaucoup de ceux qui s’indignent sont soit hypocrites, soit amnésiques, soit de mauvaise foi.

D’accord, Toni Conceiçao a un pauvre CV, mais ceux de Claude Leroy, Pierre Lechantre, Valery Nepomniachi ou Hugo Bross étaient-ils plus reluisants à leur arrivée à la tête des Lions Indomptables ? Et Patrick Mboma que beaucoup réclament, qu’a-t-il comme CV d’entraîneur ? Dans un pays où on peut partir des bancs de l’université pour se présenter à l’élection présidentielle et obtenir plus de suffrages que de vieux politiciens plusieurs fois candidats auparavant, est-on en droit de s’arc-bouter sur l’épaisseur d’un CV quand il ne s’agit que du football ?

Quand le président national de l’association des entraîneurs de football clame haut et fort qu’un entraîneur camerounais est incapable seul de supporter la pression autour de la sélection nationale, et qu’ils doivent se mettre en collège pour cela, doit-on railler Omam Biyick et Songo’o qui se contentent de jouer les seconds rôles, se mettant ainsi à l’abri des terribles pressions évoquées par Michel Kaham ?

Dans « un grand pays du foot » où on confie la normalisation de la Fédération à un avocat parfaitement inconnu dans le microcosme du football, et qui est complaisamment applaudi par des experts cupides de la discipline malgré un bilan terne, est-on fondé de se vexer qu’il n’existe ni un profil clair de candidat, ni une procédure lisible pour la désignation d’un sélectionneur national ?

Au Cameroun, on estime que passer de PCA à DG d’une même entreprise est normal, de même que passer de Délégué Régional de la Santé du Littoral à Directeur de l’Hôpital Laquintinie de Douala serait une promotion, et on veut se formaliser qu’Emmanuel Ndoumbè Bosso accepte de devenir sélectionneur adjoint chez les A’ où il avait déjà été sélectionneur principal ? Des dirigeants de clubs professionnels ne se battent-ils pas pour devenir des salariés dans la ligue de football professionnel au Cameroun ?

N’est-il pas saugrenu qu’on soutienne que le poste de ministre est purement politique, qu’on peut donc  nommer sans problème un ingénieur de génie civil au ministère de santé, et qu’on en vienne à questionner la formation du ministre des sports pour remettre en cause sa capacité à désigner avec bonheur un sélectionneur pour l’équipe nationale ? N’est-ce pas un autre juriste qui avait choisi Clarence Seedorf ? Qui a dit que le ministre des sports n’a pas lui aussi sollicité l’avis d’un ancien grand Lion comme Me Happi l’avait fait auprès de Samuel Eto’o ? Et puis, est-ce faute de juristes à la tête du ministère de la justice que la justice se porte mal au Cameroun ?

En vérité, les camerounais ont aujourd’hui le sélectionneur qu’ils méritent. Il ne saurait en être autrement dans un pays où les citoyens acceptent docilement le diktat de la médiocrité et de la cupidité sur la vertu. De quoi se plaint-on, quand à la tête du pays, il y a un Créateur publiquement vénéré (surtout par les supposés érudits), qui, à travers ses créatures, choisit un nouveau sélectionneur pour les Lions Indomptables ? Ne dit-on pas que « tout ce que Dieu fait est bon » ?

Bienvenue Toni Conceiçao, ne vous préoccupez pas de ces adeptes de l’indignation sélective qui braillent partout, souvent parce que leurs intérêts ont été ignorés, et « leurs personnes » n’ont pas été choisies. Vous êtes parfaitement à votre place dans ce pays fier de son complexe d’infériorité vis-à-vis de l’Occident, où la logique, la compétence, l’honnêteté et la honte ont été rayés du vocabulaire. Vous n’avez donc rien à craindre, puisque vos résultats n’auront aucun impact sur votre séjour à la tête des Lions Indomptables. Passez un coup de fil à Pierre Lechantre ou à Hugo Broos limogés après des CAN victorieuses, ils vous toucheront un mot sur le pays d’Oyongo Bitolo.

Charles MONGUE-MOUYEME

Il y a 8 heures 0
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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