Cameroun : Ceux qui ont la haine d’eux-mêmes conduisent le pays vers le chaos

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Par Charles MONGUE-MOUYEME►

Quand des adeptes de l’autophobie sont aux manettes, c’est la désolation assurée.

"Il n'est pire haine que la haine de soi, car elle vous interdit d'aimer les autres." Cette célèbre citation de Jean-Michel Goldberg semble avoir été inspirée par l’environnement camerounais, tellement on a l’impression que l’amour de l’autre y a foutu le camp. En effet, la vie nationale est rythmée aujourd’hui de part et d’autre par les multiples expressions de la haine de l’autre : mépris, cynisme, égoïsmes, menaces, invectives, délations, calomnies, tribalisme, violences, crimes, etc. La prévarication à outrance, l’insécurité alarmante, la répression permanente, les guerres ne sont que les conséquences de cette haine de l’autre qu’engendre la haine de soi-même : on croit qu’on va s’aimer quand on sera plus riche et/ou plus puissant ou lorsqu’on éliminera l’autre pour que son regard qui semble nous percer à jour ne nous hante plus.

Malheureusement, quand on n’obtient rien par le mérite, lorsqu’on est obligé de voler ou de se faire acheter, ou d’être chosifié pour exister, si on ne peut s’offrir l’illusion d’avoir réussi socialement qu’en s’adonnant à des pratiques déshumanisantes et sataniques, on a forcément du mépris de soi. On retourne donc ce mépris de soi contre ceux qu’on envie parce qu’ils préservent leur liberté et leur dignité. De même, quand on est complexé par ses origines ou par sa condition humaine et sociale, on a tendance, espérant ainsi leur transférer la honte qu’on a de soi, à insulter, dénigrer ou humilier ceux que vous jalousez parce qu’ils s’acceptent tels qu’ils sont, et se montrent fiers de leur condition.

Un Etat dont la gouvernance s’appuie sur les passe-droits, les abus de pouvoir, la corruption généralisée, la tricherie, le mensonge permanent, l’exacerbation de clichés ethniques réducteurs, et l’abêtissement des populations pour exister, masquer ses tares et se perpétuer, un tel Etat produit fatalement beaucoup d’individus qui ont la haine d’eux-mêmes. L’intolérance, la méchanceté, la cruauté, la haine, etc. qui sont dangereusement en hausse au Cameroun sont donc simplement logiques. On a l’impression que les camerounais ont décidé d’engager la marche funèbre vers le chaos, en chantant en chœur et en boucle les hymnes « Ça gâte, ça gâte » et « On s’en fou, advienne que pourra ».

Empêcher la chute dans le précipice de la guerre civile totale vers lequel le Cameroun avance sûrement doit être le seul combat du moment des camerounais qui conservent encore un brin de lucidité dans la perception de la situation de leur pays. Il faut espérer qu’ils sont nombreux et ne baisseront pas les bras pour se contenter de fredonner le titre à succès « on va faire comment ?». Il faut s’impliquer, chacun avec ses capacités et ses moyens.

En vérité, il y a urgence que chaque camerounais réapprenne à s’aimer lui-même, afin qu’il puisse reporter cet amour sur ses compatriotes. Mais ceux qui ont stimulé et entretenu la haine de soi et des autres, sont disqualifiés pour piloter le réarmement psychique salvateur.

Charles MONGUE-MOUYEME

Il y a 15 heures 0
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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