Lions U17 : Laboratoire officiel de l’incivisme

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Par Charles MONGUE-MOUYEME ►

En violation de l’article 7 du DECRET N° 2014/384 DU 26 SEP. 2014 portant organisation et fonctionnement des Sélections Nationales de Football, 6 jeunes footballeurs évoluant à l’étranger ont été convoqués au sein des Lions U17 qui préparent la coupe du monde de leur catégorie qui démarre le 26 octobre 2019 au Brésil. L’alinéa 3 de cet article 7 stipule clairement ceci : « Pour les sélections nationales de football U-15 (minimes) et U-17 (cadets), seuls les joueurs enregistrés dans les compétitions organisées par la FECAFOOT peuvent être sélectionnés ».

Pineda Eto’o (Mallorca en Espagne), Enzo Tchato (Montpellier en France), Barel Fotso (As Roma en Italie), Jordan Konango (As Monaco en France), Aurel Tiki (OIympique lyonnais en France), Bryan Djile (Saint-Etienne en France) ne sont en aucun cas enregistrés dans les compétitions organisées par la Fecafoot qui ne s’étendent pas hors des frontières nationales. Et même si les compétitions officielles U17 ne se jouent pas sur les terrains au Cameroun, lorsqu’un joueur de cette catégorie qui réside au pays est convoqué en sélection nationale, on mentionne le club ou école/centre de formation auquel il appartient, ce qui témoigne qu’il détient une licence Fecafoot qui le rend apte à disputer ses compétions si elles sont organisées.

Le sélectionneur Thomas Libih a donc sollicité ces 6 joueurs « expatriés », la Fecafoot les a convoqués, et le MINSEP n’a pas désapprouvé : tous se sont donc mis d’accord pour violer le décret du Chef de l’Etat. Pourtant, les différents ministres qui se succèdent au ministère des sports (MINSEP), ainsi que les exécutifs successifs à la tête de la Fecafoot ne ratent pas une occasion de discours pour rappeler la nécessité impérieuse d’instaurer une discipline de fer dans les sélections nationales de football du Cameroun. Que de Codes Ethiques ont été rédigés par les instances dirigeantes de notre foot ! Un autre serait d’ailleurs en cours de rédaction au MINSEP comme nous l’avons appris à la signature du contrat de Tony Conceiçao, le nouveau sélectionneur des Lions Indomptables fanions.

Violer un décret est un acte d’incivisme. La Fecafoot et le MINSEP sont ainsi en train d’apprendre à des enfants mineurs de moins de 17 ans qu’on peut piétiner un décret lorsqu’il gêne. On est en train d’enseigner à ces jeunes que les textes pris au Cameroun sont d’application variable, au gré des envies, des intérêts et de la carrure des personnes concernées. Et les U17 « locaux » qui seront recalés pour le mondial au profit des « expatriés » que les textes ne prévoyaient pas, retiendront qu’ils ont été victimes de l’incivisme de l’Etat.

Il y a fort à parier qu’on va nous expliquer, toute honte bue, que les textes de la Fifa qui proscrivent toutes les formes de discrimination dans le foot (les quotas en sont) sont au-dessus du décret présidentiel de 2014.  « La loi est dure, mais c’est la loi » change donc avec les Lions U17. Les grands discours sur la discipline, la multiplication des codes éthiques dans un pays où les autorités montrent à des mineurs que « les lois sont des loisirs » (dixit l’artiste Papillon) ne sont que chimères.

Charles MONGUE-MOUYEME

 

P.S. : Voici ma réaction en 2014 aussitôt après la promulgation du décret cité plus haut que nous n'étions nombreux à trouver mauvais : « Ah, les haïssables quotas appliqués sur des individus ! Doit-on vraiment instaurer des quotas dans un domaine où seule la performance devrait compter ? Ainsi, quand on a moins de 20ans, on peut ne plus être tout à fait camerounais parce qu'on se trouve à l'étranger ! Pire encore, un jeune de moins de 17ans n'est pas encore camerounais tant qu'il vit à l'étranger. C'est une grave discrimination contraire aux textes de la FECAFOOT et de la FIFA ! Le fils d'un employé d'une ambassade à l'étranger serait écarté de nos sélections jeunes quel que soit son talent parce qu'il n'est pas au pays ? »

 

18 November 2019 à 02:14 0
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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