Lions U-17 au mondial 2019 : Sans virtuosité la puissance physique n’est rien

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Par Charles MONGUE-MOUYEME ►

Avis aux éducateurs et entraîneurs du Cameroun.

La sélection nationale U-17 du Cameroun a perdu ses trois matchs de la Coupe du monde au Brésil contre le Tadjikistan (0-1), l’Argentine (1-3) et l’Espagne (0-2). En dehors d’une relative rugosité physique, les poulains de Thomas Libih n’ont pas montré grand-chose au cours de ces matchs. Même le « hemlè » (fighting spirit) qui sauve souvent les équipes camerounaises quand la fluidité du jeu fait défaut a manqué à ces jeunes footballeurs qui jouaient sans enthousiasme ni envie.

Pourtant, à cet âge-là, on s’attend à voir des jeunes qui prennent du plaisir à jouer, et qui offrent un spectacle chatoyant au public, teinté d’insouciance et enjolivé de cette bonne « insolence » dont le pendant est la peur de mal faire. Le Cameroun, pays de dribbleurs (Jean-Louis Mama, Zepa, Louis Paul Mfédé, Cyrille Mangan…), antre de félins (Lea Eyoum Charles, Roger Milla, Roger Makongue, Samuel Eto’o …), terre de renards de surface (Manga Onguéné, Eugène Ekoulé, Omam Biyick, , Patrick Mboma…), vivier « d’ordinateurs » penseurs de jeu (Tokoto Jean-Pierre, Manga Guy, Abega Théophile, Joseph Kamga, Etame Mayer…) est allé chez le Roi Pelé présenter au monde entier sa nouvelle pépinière, vide des profils ci-dessus.

 « On manque de niveau, les gamins ne jouent aucun championnat. On fait avec nos forces ». Telle est l’explication que le sélectionneur Thomas Libiih donne à la faillite de son équipe. Cette justification tiendrait si le Cameroun n’était pas Champion d’Afrique U-17 à la CAN 2019, si les autres représentants africains (Angola, Nigeria, Sénégal) ne s’étaient pas qualifiés avec brio au second tour de Brésil 2019, et si le Tadjikistan n’avait pas battu les bébés Lions.

La vraie cause de la déconvenue des Lions U-17 au Brésil réside dans la conception du football par la plupart des éducateurs et entraîneurs camerounais actuels. Les principes auxquels ils croient transparaissent dans les phrases qu’ils répètent régulièrement : « peu importe la manière, seul compte le résultat » ; « dans le football, c’est le collectif qui est important, pas les individualités » ; « quand on construit une équipe, on se préoccupe d’abord de la défense ». Il n’est donc pas étonnant qu’autant dans les clubs que dans les sélections nationales, le jeu léché, les gestes enchanteurs, aient disparu.

Quand on regarde les jeunes Camerounais jouer au foot sur les terrains vagues du pays et qu’on voit leur virtuosité naissante, on réalise que les 21 Lions U-17 de la Coupe du Monde 2019 sont peu représentatifs du formidable réservoir de pépites footballistiques qu’est le pays d’origine de Kylian Mbappè. Mais avec l’esprit de préparateur physique qui est dominant chez les éducateurs et entraîneurs, les données du chrono ont le vent en poupe dans la détection, au détriment de « l’œil » et du flair qu’avaient les François Ondoa, Ndoumbè Mondo, Mbette Isaac ou Essono Pie entre autres.

Avec l’échec des U-17 au Brésil, tous ces « Mourinho » du Cameroun vont-ils enfin décoder le message que les participations des différentes catégories de sélections nationales de foot aux compétitions mondiales leur envoient depuis plusieurs années, celui de constituer des équipes joueuses avec de vrais leaders techniques ?  Comprendront-ils enfin qu’ils doivent laisser éclore le génie de leurs « gamins » et œuvrer à faire briller leurs poulains s’ils veulent briller eux-mêmes un jour ?

Avis.

Charles MONGUE-MOUYEME

Il y a 7 heures 0
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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