Football camerounais : La force de la caporalisation

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Le constat est clair : tous ceux qui dirigent le football camerounais (ou y aspirent) sous le régime du Renouveau, doivent faire publiquement allégeance au Président Biya. Samuel Eto’o n’y a pas échappé.

Accompagnant le Président de la CAF à une audience que lui accordait le Chef de l’Etat du Cameroun le 2 octobre 2018, Samuel Eto’o a déclaré à la presse qu’il voterait le président-candidat Paul Biya à l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. Et il a invité ses frères à faire comme lui. Choix légitime pour le citoyen camerounais libre qu’est Samuel Eto’o, mais qui confirme l’observation selon laquelle ne peut diriger le foot camerounais y compris illégalement ou par prête-nom interposé, que celui qui affiche ouvertement son soutien inconditionnel au pouvoir en place et à celui qui l’incarne.

Emmanuel Mvé, Vincent Onana, Iya Mohammed, Pr Joseph Owona, Tombi A Roko, tous ces dirigeants de la Fécafoot des trois dernières décennies sont des militants du parti au pouvoir (RDPC) et des laudateurs zélés du Président Biya. Il en est de même de toutes les personnalités qui ont défilé à la tête du ministère des sports, et si on y ajoute l’éternel président du Comité National Olympique et sportif, alors on peut affirmer sans ambages que le football camerounais est entre les mains du RDPC.

Aujourd’hui, bien que n’ayant pas déclaré son appartenance au RDPC, Samuel Eto’o, qui ne cache plus sa mainmise sur le football camerounais, a dû manifester publiquement sa reconnaissance, sa soumission et sa fidélité au Chef de l’Etat. Comme Rigobert Song, John Ndeh, Capitaine Joseph Feutcheu, Céline Eko, Faustin Domkeu, Général Semengue, Joseph Antoine Bell, Roger Milla, etc. Est-ce vraiment un hasard si tous ceux qui veulent avoir voix au chapitre dans la gestion administrative et/ou technique du football au pays de Cyrille Mackanaky sont obligés de montrer publiquement qu’ils ne sont ni politiquement neutres, ni de l’opposition ?

Les spécialistes de la politique répondront que cette situation est normale en régime présidentialiste fort, où tous les postes de pouvoir sont détenus par les alliés du Prince tout puissant qui nomme jusqu’aux « élus ». Mais la Fécafoot étant une association privée et apolitique, on aurait pu penser que ses dirigeants pouvaient s’émanciper des prisons partisanes de la politique.

Les observateurs sportifs chevronnés, du haut de la force de leur expérience (sans plagiat), diront que les grands sportifs aiment évoluer au sein des équipes qui gagnent. Et au Cameroun, il paraît que c’est le RDPC et son champion qui gagnent toujours. Quand on veut engranger des titres, il vaut mieux être du camp qui gagne !

Dans tous les cas, ce constat de caporalisation du football camerounais par le parti au pouvoir et son champion amène à se poser une question conséquente : comment comprendre la guerre asymétrique qui sévit à la Fécafoot depuis plus de 5 ans, alors que dirigeants et aspirants à la contrôler sont quasiment tous du même bord politique ? Pourquoi le Président Biya qui bénéficie du soutien indéfectible de tout ce monde ne les réunit-il pas pour leur intimer l’ordre d’œuvrer ensemble à la normalisation de la Fécafoot ? Le candidat de Samuel Eto’o appliquerait-il dans le football aussi le principe du diviser pour mieux … caporaliser ?

Bon, terminons par de la prospective : si le pouvoir ne change pas de mains au Cameroun après le 7 octobre, Jules Nyonga ne sera pas le prochain président élu de la Fécafoot. Il devra aller chercher du terrain dans un pays voisin (comme le fit Eto’o du temps où il était considéré par les gouvernants comme la peste du foot camerounais) pour y installer son centre de formation de tireurs de pénaltys. Et il pourra y organiser chaque année un challenge Maurice Kamto, en l’honneur de son 1er élève.

Charles MONGUE-MOUYEME

Il y a 5 heures 0
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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