Covid-19 : Le retour à l’école le 1er juin au Cameroun est suicidaire

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Par Charles MONGUE-MOUYEME ►

Par quelque bout qu’on aborde la question, décider d’un retour à l’école pour les élèves le 1er juin 2020 et le 15 juin 2020 pour les étudiants ressemble à un appel au suicide collectif des familles, en raison de la virulence grandissante du coronavirus au Cameroun.

Vraisemblablement, ceux qui ont pris cette décision et tablent sur l’idée selon laquelle les jeunes que sont les élèves et étudiants, même contaminés à la covid-19, n’en meurent quasiment pas. D’une part, l’actualité récente sur les morts du coronavirus dans le pays relativise fortement cette croyance. D’autre part, ces jeunes élèves et étudiants appartiennent à des familles dans lesquelles on retrouve de grands adultes et des  personnes âgées, et s’ils chopent la covid-19 avec ce retour à l’école, ils iront contaminer leurs parents à la maison. Et si ces parents décèdent, ces jeunes élèves et étudiants devront arrêter leurs études, faute de moyens financiers.

Les gouvernants et ceux qui les défendent dans les médias notamment, se vantent d’être en train de prendre toutes les mesures dans les écoles, lycées, collèges et universités pour que les enfants ne soient pas contaminés au coronavirus. D’abord, quand on les écoute, on comprend que pour beaucoup d’entre eux, le Cameroun se limite aux centres-villes de Yaoundé et Douala, ce qui est complètement erroné. Ensuite, ils donnent l’impression que chaque élève et chaque étudiant sera doté des pouvoirs de Superman pour s’envoler de la maison de ses parents pour atterrir dans son établissement scolaire ou universitaire. Pourtant, de nombreux élèves et étudiants doivent réaliser un véritable parcours du combattant avant d’arriver à l’école : bagarres dans les stations de taxis ou de bus, surcharges dans les voitures ou sur les motos, passage obligatoire dans des zones grouillant de monde, etc. Ces élèves et étudiants ont donc mille occasions de se faire contaminer en allant et en revenant de l’école.

Et quelles mesures dit-on avoir prises au sein des établissements ? Les vendeurs de pains, beignets œufs, viandes haricots vont s’y prendre comment pour servir sans risques leurs clients, nos enfants, en manipulant l’argent et les denrées alimentaires sans possibilité de se désinfecter les mains après chaque service ? Et qu’on ne nous dise pas que les enfants doivent partir de la maison avec leur goûter, parce que cela n’est possible que dans très peu de familles. De quels moyens de désinfection des salles de classes disposent les établissements scolaires et universitaires dans l’ensemble du pays ? Nous ne parlons même pas de la distanciation sociale d’un mètre dont le respect dans de nombreuses enceintes scolaires et universitaires est une véritable chimère. En combien de sous-groupes éclatera-t-on une faculté de 900 étudiants pour respecter la proscription de regroupements de plus de 50 personnes ? Et qui va protéger les élèves et étudiants prudents de leurs camarades caïds qui vont les obliger à les saluer de la main ou à les embrasser parce que, eux n’ont pas peur du « petit coronavirus » ? Dites, quel enseignant peut dispenser un cours pendant 2 heures en parlant à 50 élèves ou étudiants avec un masque ?

Chaque fois qu’il y a une grave crise au Cameroun (Boko Haram, NOSO, coronavirus), les dirigeants du pays veulent faire croire qu’ils accordent une très grande importance à l’éducation, alors que la quantité et la qualité des infrastructures, la paupérisation des enseignants, le contenu inadapté des enseignements etc. démontrent le contraire. Au NOSO, on demandait aux enfants d’aller à l’école sous les feux des belligérants de cette salle guerre ; aujourd’hui, on demande aux enfants de retourner à l’école alors que la covid-19 sévit. Cette attitude volontairement illogique des gouvernants est-elle innocente ?

Il est encore temps de revenir sur cette décision folle d’un retour à l’école dès le 1er juin 2020, alors que la pandémie du coronavirus est très loin d’être maîtrisée dans le pays. Pour une fois, appuyons-nous sur cette assertion triviale selon laquelle « l’école du Blanc ne finit pas ». Préservons d’abord les vies des élèves et étudiants, donc des familles du Cameroun, il sera toujours temps de retourner à l’école quand la sérénité sera revenue.

Charles MONGUE-MOUYEME

Il y a 14 heures 0
MANDENGUE NDABO FRANKLIN DIDIER

La force de l'analyse. Comment être indifférèrent à propos de ce qui se passe dans pays. Charles M. M. La pertinence de propos au sujet de la situation économique, politique et sociale est catastrophique. Ce que nous avons eu en matière d'élections ( Sénatoriale et Présidentielle ) depuis le début de l'année, n'est rien d'autre qu'un four tout et n'importe quoi. Les sénateurs sont élus et nommés en toute illégalité. Des conseillés municipaux illégaux et surtout pas de présidents de régions, ce sont les deux catégories qui permettent au choix des sénateurs. Le mariage incestueux être le RDPC, ELECAM, MINAT et le Conseil Constitutionnel, a montré à suffisance que le pouvoir rdpc veut nous imposer la pratique primitive d'une autre ère. Tu as si bien circonscrit le problème, je suis entièrement d'accord avec toi. Ces Camerounais qui pensent qu'ils ont le ponople sur TOUT sur la gestion de la citée, et que les autres n'ont pas droit au chapitre. Ce régime est à l'origine de la déconstruction de tout ce que nous avions cher.

SAMBA II ALAIN MICHEL

Charles tu as oublié de mentionner qu’après avoir fait le tour de Yaoundé pendant deux jours, le PRESI/ CAF a déclaré n'voir observé ni ressenti aucun nid de poule dans les rues de cette ville. Meme le Directeur du protocole d'état qui le raccompagnait au perron du palais avait souri d'étonnement. De là, moi j'avais compris qu'il était déjà dans la sauce gombo, une spécialité bien de chez nous.

ABEGA Joseph Bertin

Bonjour Charles, Tu fais une peinture on ne peut exacte de la situation de notre football. Mais moi je retiens une seule couleur dont l'absence nous rend plus nostalgique voir triste aujourd'hui: le rose. "Le football rose". Oui rose comme beauté! moi je pense que c'est la clé du succès. lors d'un match de foot, combien de gestes techniques pouvons nous compter? Souvent pas un seul. Nous avons eu de grands talents sortis "des coups faibles", "têtes tombes", "des contre-poteaux", "des couloirs", "des solos (petits ponts)", "des comptes (jonglages)"...etc. Nous allions aux stades tous les dimanches en s'accrochant sur le bras d'un aîné pour tricher les dribles de Mbida, Mama, Emana, Milla...les tacles de 05m d'Onana, d'Aoudou et le lundi, même le maître ou le prof avait de la peine à imposer le calme dans la salle de classe pour commencer le cours. Quel entraîneur ou moniteur de foot permet à son apprenant de dribler un ou deux joueurs sans qu'il ne le gronde? Je vous dis qu'il y avait des joueurs aussi talentueux aux quartiers que certains divisionnaires comme on les appelait à l'époque. L'aisance technique était au rendez-vous. Tenez! avec peut-être un peu de prétention, Tonnerre de Yaoundé de l'époque avait le fond de jeu de Barcelone d'aujourd'hui, d'où le nom de "Kalara", "le book" le foot champagne (onze passes). Bref avec l'aide des entraîneurs, les joueurs doivent pratiquer du beau et bon football, ils doivent prendre plaisir à jouer comme Ronaldinho, Jean-Luis Mama par exemple. Ainsi les spectateurs reviendrons aux stades, et les supporteurs participerons aux cotisations, et les joueurs seront mieux payés pour leur talent et ils se vendront cher...etc. BRAVO à toi Charles pour l'évocation de ce sujet si intéressant !

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